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2 septembre 2021

Formation initiale : la réforme se met en place

La rentrée 2021 voit la mise en place de la réforme de la formation initiale des enseignant.es. Cette réforme unanimement contestée va atteindre la professionnalité, la polyvalence et les conditions d’entrée dans le métier. Elle impose aux INSPE une maquette essentiellement orientée sur les apprentissages dits “fondamentaux”. En effet, 55 % des enseignements dispensés concernent les mathématiques et le français

Des étudiant-es sous contrat dans les classes

La réforme prévoit la possibilité pour les étudiant.es d’avoir en partie la responsabilité d’une classe. Il s’agit d’un tiers-temps d’enseignement sous statut de contractuel alternant. C’est une logique budgétaire qui prévaut : recourir à des étudiant•es,faiblement rémunéré.es, pour ne pas recruter des fonctionnaires titulaires à la hauteur des besoins. Ces étudiants devront mener de front la préparation, la gestion de la classe, la préparation du CRPE et l’obtention du master avec notamment la rédaction d’un mémoire.

D’autre part, l’organisation du service de ces étudiant•es "alternant•es" pose des difficultés dans bon nombre de départements : personnels des écoles peu ou pas informés du dispositif, information très tardive des enseignant•es complété•es, déficit de candidat•es parfois très important entraînant de nombreux supports vacants... dont il y a fort à parier qu’ils auront été pourvus par le recrutement d’autres contractuel•les.

Recul de la place du concours

Depuis plusieurs années, en prenant appui sur son enquête annuelle menée auprès des fonctionnaires stagiaires, le SNUipp-FSU alerte et dénonce la surcharge de travail en M2 MEEF due, notamment, au poids du mi-temps en classe. Dès l’an prochain, la charge de travail sera plus lourde encore pour les M2 entrant dans l’alternance. Car cette réforme est aussi marquée par le recul de la place du concours. A compter du printemps 2022, il faudra une année d’étude supplémentaire pour accéder au CRPE. L’entrée dans le métier sera donc retardée d’un an et la carrière allongée d’autant. De plus, pour devenir enseignant•e, il faudra avoir les moyens de financer 5 années d’études sans aucune certitude d’être recruté•e à la fin. Cela aggravera encore le manque d’attractivité du métier.

Le contenu du prochain concours est également modifié, avec une plus grande part accordée aux apprentissages fondamentaux.

Parcours Préparatoire au Professorat des Écoles (PPPE)

C’est également à cette rentrée 2021 qu’apparaissent les premiers PPPE. Il s’agit d’un parcours de licence généraliste, proposé aux bacheliers dans Parcoursup et opéré à la fois en lycée et en université. Il doit être diplômant (aboutissant à un diplôme national de licence généraliste), avec un débouché "naturel" sur le master MEEF. Des stages sont prévus tout au long de la formation. Le SNUipp-FSU dénonce une vision peu ambitieuse de la formation des enseignant-es du 1er degré et au final de l’école primaire. Ce parcours présente un vrai risque d’éloignement de la formation avec l’Université et de décrochage avec le 2nd degré. Les INSPE sont écartés de ce dispositif. Les interventions des formatrices et formateurs du premier degré sont quasi inexistantes. A l’heure où des modules de préprofessionnalisation existent à l’université, ce nouveau parcours interroge.

Mise en place des contrats d’AED

Par ailleurs, depuis la rentrée 2019, dans certaines académies, des étudiant•es entrant en L2, se voient proposer des contrats d’AED en préprofessionnalisation de 3 ans, pour une rémunération nette allant de 700€ en L2 à 980€ en M1. Outre que ces sommes restent insuffisantes pour financer leurs études, le risque d’échouer aux examens est augmenté, le temps en stage amputant le temps universitaire. Le SNUipp-FSU dénonce le recours à une main-d’œuvre bon marché : des étudiant•es, non titulaires du concours et non formé•es pourront être en responsabilité de classe. Ces dispositifs permettront, en outre, de disposer à terme d’un vivier de contractuel•les en cas d’échec au concours.

Une autre réforme est possible

Le SNUipp-FSU s’oppose à la mise en place de cette réforme depuis le début. Il revendique un concours placé en fin de L3 suivi d’une formation initiale de deux ans, rémunérée, sous statut de fonctionnaire stagiaire et validée par un master. Le SNUipp-FSU s’oppose au recours d’étudiant-es contractuels pour remplir des missions d’enseignement. Pour les stagiaires recruté-es par concours, il demande qu’ils et elles bénéficient d’une mise en responsabilité progressive avec des stages allant de l’observation à la responsabilité en passant par la pratique accompagnée. Une première année de titulaire à mi-temps en classe permettrait de construire des compléments didactiques et disciplinaires et se confronter à l’analyse de pratiques. La formation initiale doit se poursuivre en T2.

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