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22 mai 2013

Ecole : la réforme des rythmes divise la FCPE, première fédération de parents d’élèves

18.05.2013 à 15:28 | LE MONDE Mattea Battaglia et Aurélie Collas

Fin de règne difficile pour le patron de la principale fédération de parents d’élèves du public. Jean-Jacques Hazan, le très médiatique président de la FCPE, s’apprête à quitter les fonctions qu’il occupe depuis cinq ans. Il devait officialiser son départ lors du congrès annuel de l’association, du 18 au 20 mai à Toulouse, qui s’annonce houleux.

La FCPE, traversée de divers courants de gauche, mais qui n’a jamais connu de scission depuis sa création en 1947, pourrait-elle imploser ? "Dans le pire des scénarios, oui, nous claquerons la porte",assure Ali Aït Salah, actuel administrateur de la fédération et membre du collectif "Ambitions FCPE", qui regroupe les "dissidents". Six anciens et deux actuels administrateurs, autour desquels gravitent des militants de terrain. Ce collectif aurait recueilli un quart à un tiers des suffrages lors du congrès de 2012. Et compte bien s’affirmer plus encore en 2013.

Première salve en direction du président : son "suivisme" à l’égard des orientations du ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon. "Il ne cesse de louer ce que fait le ministre. Je ne l’entends pas parler de l’application très mauvaise de la réforme des rythmes scolaires, ni des difficultés de remplacement des enseignants..., dénonce Sébastien Léger, administrateur et membre du collectif. M. Hazan semble croire que tout va bien depuis sa tour d’ivoire parisienne !"

La réforme des rythmes scolaires a mis en évidence des désaccords. L’unanimité de principe autour de la semaine de quatre jours et demi d’école a cédé lorsqu’il s’est agi de l’appliquer. L’équipe nationale de la FCPE a soutenu sa mise en oeuvre dès 2013. Sur le terrain, les inquiétudes l’ont souvent emporté. "La base n’a pas vraiment été consultée", assure Cyrielle Poncy, membre de la FCPE. La jeune femme a contribué à fonder, à Paris haut lieu de la contestation , le collectif "Prenons le temps pour nos enfants", favorable au report de la réforme à 2014. Sans pour autant claquer la porte de la fédération. "C’est la confiance en la capacité de la FCPE à nous représenter qui est ébranlée", renchérit Habiba Amoura, cofondatrice du collectif. "La FCPE n’est pas monolithique, il est normal qu’il y ait des avis divergents, se défend Jean-Jacques Hazan. On n’a pas vocation à singer un parti politique !"

"LA FCPE N’EST PLUS AUSSI REVENDICATIVE SUR SES VALEURS FONDATRICES"

Dans le conflit qui l’oppose au groupe "Ambitions FCPE", minoritaire mais actif, il y a des divergences de fond. De personnes aussi. On dit M. Hazan volontiers"autoritaire", "omnipotent". On l’accuse de vouloir diriger seul. "Ses coups de tête sont connus, confie Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA-Education. Mais le personnage fait rayonner son organisation. J’en connais peu qui disent aussi directement ce qu’ils pensent, quel que soit leur interlocuteur."

"Il a fait bouger les lignes sur un certain nombre de sujets", ajoute Christian Chevalier, du syndicat des enseignants de l’UNSA, qui voit en lui un "partenaire progressiste". "Il défend l’intérêt des parents avec une vision de l’école qui n’est ni passéiste ni recroquevillée sur elle-même."Autre analyse du collectif dissident : "La FCPE n’est plus aussi revendicative sur ses valeurs fondatrices : la défense du service public, la gratuité, la laïcité...", estime Sébastien Léger. "Notre histoire et nos valeurs, c’est la défense acharnée de l’école publique", ajoute Ali Aït Salah.

Preuve d’une "dénaturation" de la FCPE, selon eux : une modification des statuts de la fédération, soumise aux congressistes de Toulouse, qui prévoit d’accueillir au sein de la fédération les parents d’élèves d’"établissements de formation initiale " (centres de formation d’apprentis, CNED, classes prépa, BTS...). Jusqu’à présent, seuls les parents d’enfants scolarisés dans les écoles, collèges ou lycées publics peuvent en être "membres actifs". Pour Jean-Jacques Hazan, "il ne s’agit que de mettre en conformité notre droit avec la pratique". Le collectif "Ambitions FCPE" y voit, lui, une façon d’ouvrir les portes de l’association aux parents du privé.

Leurs dissensions ont été portées jusque devant la justice. En décembre 2012, le tribunal de grande instance de Paris a annulé l’élection de quatre administrateurs de la FCPE dont les enfants étaient apprentis, scolarisés en classe prépa ou en BTS. C’est pour ne pas alimenter la polémique que Jean-Jacques Hazan, dont le fils est en prépa, a décidé de quitter ses fonctions. L’homme de 55 ans entend adhérer au conseil local du lycée où son fils est scolarisé et poursuivre, de manière sans doute moins visible, les combats de la FCPE.

Un bilan en demi-teinte ? Rares sont, en tout cas, les syndicats d’enseignants à ne pas reconnaître son "efficacité". De son côté, Jean-Jacques Hazan a le sentiment de laisser derrière lui "une fédération qui marche,malgré des personnes qui ont voulu nous fragiliser". Il met en avant le nombre d’amendements défendus et adoptés pour"faire avancer" le projet de loi d’orientation sur l’école. De fait, on retrouve, dans le texte qui sera débattu au Sénat à compter du 21 mai, des revendications portées par la fédération de parents : la création d’"espaces" à leur usage dans les établissements ; leur implication dans la mise en place des dispositifs d’aide aux élèves en difficulté...

La FCPE a l’oreille des sénateurs, elle a aussi celle du ministre de l’éducation nationale. Dans l’entourage de Vincent Peillon, on reconnaît que, "compte tenu de sa représentativité, elle est un partenaire privilégié". On admet aussi que les discussions sont "plus aisées et un peu plus fréquentes" avec elle qu’avec d’autres fédérations ; qu’elle partage "un peu plus les priorités" du gouvernement.

Jean-Jacques Hazan a connu des périodes plus sombres. "On était dans une situation de grande crise sous Xavier Darcos", se souvient-il. Le ministre de l’éducation de 2007 à 2009 avait divisé par quatre et demi ses subventions. Elles ont été rétablies en partie sous Luc Chatel, son successeur de 2009 à 2012. Le montant de celles que lui attribuera Vincent Peillon en 2013 n’est pas encore connu, mais "on sait qu’on n’aura plus à mendier".

 

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