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  • Recherches en sciences de l’Education sur le genre
3 mars 2013

Recherches en sciences de l’Education sur le genre

Le colloque qui s’est déroulé les 14 et 15 décembre 2012 à Toulouse, a mis en lumière l’actualité des recherches sur les femmes, les rapports sociaux de sexe et ce que l’on nomme aujourd’hui "le genre", menées par de jeunes chercheuses et chercheurs en histoire, en sociologie, en science de l’Education, en linguistique, en anthropologie etc. L’un des deux ateliers portant sur la fabrication sociale des filles et des garçons a pointé l’intériorisation des normes de genre par les professionnels de la petite enfance, notamment dans les crèches (recherche de Nicolas Murcier) et à l’école maternelle et élémentaire (études de Gaël Pasquier et Céline Petrovic). A la suite des travaux de Nicole Mosconi, Françoise Vouillot ou Marie Duru-Bellat sur la reproduction –voire l’amplification- par l’institution scolaire des stéréotypes de sexes, ces études montrent que le discours des enseignantes et des enseignants lorsqu’ils parlent de leur élèves se focalise sur les différences perçues entre les filles et les garçons (Céline Petrovic). Ces différences repérées autant dans le comportement des élèves que dans leurs capacités sont considérées comme naturelles et masquent les inégalités qui se construisent dès le plus jeune âge de l’enfant avec l’assentiment et la complicité involontaires des professionnels de l’éducation. Cette croyance en des stéréotypes essentialistes n’est pas sans poser la question de la formation des enseignant-e-s qui est, depuis 2000, préconisée par la "Convention pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, dans le système éducatif" , avec notamment comme axes la lutte contre les violences sexistes et l’élargissement des choix d’orientation et professionnels des filles et des garçons. Elle est encore peu mis en place mais semble d’autant plus urgente que même les enseignants sensibilisés aux questions d’égalité des sexes ne sont pas à l’abri d’accorder à leur insu une place prééminente aux garçons, notamment lorsqu’ils font de la danse ou de l’expression corporelle en EPS, et ce sous couvert de questionner les stéréotypes (recherche de Gaël Pasquier).

L’étude que Josette Costes et Virginie Houadec ont consacrée à la liste de référence d’ouvrages de littérature de jeunesse publiée par le Ministère de l’Education Nationale renforce ces constats. Carole Brugeilles , Sylvie Cromer et Nathalie Panissal avaient déjà pointé la représentation inégalitaire des hommes et des femmes tant sur le plan quantitatif que qualitatif véhiculée par cet outil à destination des enseignants et l’avaient qualifiée de « sexisme au programme ». Les résultats de la recherche présentée à Toulouse sur les couvertures des albums de jeunesse composant cette liste ne sont pas moins préoccupants puisque les filles et les femmes ne figurent que sur 38% des livres contre 84% pour les garçons et les hommes. L’analyse des images souligne également une différenciation dans la manière de représenter les deux sexes : les personnages féminins sont le plus souvent dans des espaces fermés comme l’intérieur d’une maison, apparaissent partiellement dénudés -les amoureuses perdant leurs chaussures !- mais aussi difformes. Les personnages masculins sont, quant à eux, plus dynamiques -un sur trois en action contre un sur treize pour les personnages féminins- jusque dans leur regard qui s’évade en dehors de l’image alors que celui des filles et des femmes y reste cantonné. Les violences, enfin sont également présentes mais ce sont surtout les femmes qui en sont victimes : les filles sont emprisonnées, immobilisées, endormies, passives ou condamnées aux tâches domestiques et constituent même parfois des monnaies d’échange entre les hommes. Plus qu’une différenciation des personnages des deux sexes, c’est bien une hiérarchisation qui est mise en place et proposée aux enfants comme représentation du monde. Comment passer aujourd’hui des proclamations aux actes ? Nous avions proposé le 9 février 2012 à Angoulême une formation intersyndicale premier et second degrés sur le sexisme afin de pallier aux manques de la formation continue. Depuis le 30 novembre 2012, les ministères de l’Education Nationale et des droits des femmes ont commencé à détailler leurs engagements pour appliquer les textes réglementaires sur l’égalité des filles et des garçons, des hommes et des femmes dans le système éducatif : création d’un module de lutte contre les stéréotypes de sexe dans les pratiques professionnelles dans les futures ESPE à la rentrée 2013 ; formation continue de l’ensemble des personnels de l’Education nationale et plus particulièrement les personnels de direction et d’inspection en lien avec l’ESEN. Nous serons vigilant-e-s à la mise en place effective de ces formations.

 

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