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SNUipp-FSU Charente (16)

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8 décembre 2012

Projet de loi : analyse du SNUipp16 ; l’essentiel du projet

Pour les courageux : 37 pages en pièces jointes

COMPARAISONS : Code de l’éduc avant loi ; Code de l’éduc après loi ; Commentaires

L’analyse du SNUipp16

On peut reconnaître que :

* le « plus de maîtres que de classes » est une avancée, défendue depuis longtemps par le SNUipp à travers ses mandats, qu’il accueille avec satisfaction,

* la création d’un cycle spécifique pour l’école maternelle redonne sa place à cette école qui voyait la grande section devenir une classe pré-élémentaire. La redéfinition de ses missions est positive,

* La refonte des programmes est actée ainsi que la priorité à l’école primaire,

* L’objectif de réduire les inégalités est affirmé.

Mais la refondation tant attendue n’est pas au rendez-vous !!

Elle se borne à une reconstruction indispensable constituée de rappels aux lois d’orientation de 1989 et 2005 :

* L’éducation reste la première priorité nationale,

* Les ESPE remettent en place une formation initiale mais nous jugeons que celle-ci reste insuffisante (nombre d’heures de formation réduit),

* Des postes détruits ces 5 dernières années sont restaurés,

* La scolarisation des 2 ans en milieu sensible est réaffirmée,

* Le « partage des valeurs de la République » est réinscrit,

* La redéfinition du socle commun tient compte de la notion de « culture commune », mais ce dispositif reste contestable surtout s’il s’ajoute aux nouveaux programmes,

Ce qui ne nous convient pas :

* La place des enseignants spécialisés des RASED est à peine évoquée et leur rôle est indéfini. Pourtant, ils sont, pour nous, les fers de lance de la lutte contre l’échec scolaire, par leurs actions de prévention et la prise en charge des élèves en grande difficulté.

* La problématique du fonctionnement et de la direction d’école n’est pas évoquée et aucune piste n’est envisagée, ni en matière de temps, ni en matière d’éventuelle aide pérenne,

* La reconnaissance d’une formation continue indispensable sur le temps de travail face aux élèves a disparu,

* La baisse des effectifs par classe, levier incontournable de la réussite des élèves, est ignorée,

* Le temps de travail journalier n’est pas ramené à 5 h,

* Aucune piste sur les modalités d’évaluation des élèves n’est affirmée, seul un constat d’échec est évoqué,

* Le Livret Personnel de Compétences, même s’il est allégé, est conservé malgré les critiques apportées,

* L’Aide Personnalisée en dehors du temps de classe n’a pas disparu. Elle revient sous la forme "d’activités pédagogiques complémentaires" dont les modalités restent floues,

* Le projet d’école, dont le cadre totalement étriqué, inadapté et obsolète, n’est pas remis en cause,

* L’éducation prioritaire est évoquée pour des expérimentations

* La volonté d’enseignement d’une langue vivante dès le début de la scolarité obligatoire ne repose sur aucun levier en terme d’organisation,

* L ’ambition du numérique à l’école est réaffirmée mais rien n’est défini pour répondre aux besoins des personnels en formation et aux disparités matérielles des écoles,

* La refonte de l’évaluation des enseignants (qui est actuellement désastreuse et dommageable) n’est pas abordée,

* La liaison école-collège n’est accompagnée d’aucun moyen en terme de temps et d’organisation,

* La classe de CM2 est intégrée dans un cycle commun avec la 6ème. Il est prévu des conseils d’école/collège communs et des projets pilotés conjointement par les écoles et les collèges.

* L’évolution de la carrière des enseignants, leur engagement et leur rémunération sont totalement ignorés.

Toutes ces raisons et le renvoi à une multitude de décrets, dont le contenu est inconnu à ce jour, ne permettent pas au SNUipp/FSU16 de se satisfaire de ce projet de loi qui doit aboutir à une réelle refondation de l’école.

En l’état, il n’est pas acceptable.Le SNUipp16 réfléchit actuellement, dans un cadre national, à toutes les formes d’actions envisageables.

I - Une refondation pédagogique

La réforme de la formation initiale fondée sur une entrée progressive dans le métier.

Le Parlement a adopté le dispositif des emplois d’avenir professeurs. Ce dispositif permettra a des étudiants modestes d’envisager les études longues nécessaires à l’exercice du métier d’enseignant et permettra aussi de redynamiser des viviers de candidats sur les territoires. (6 000 emplois en 2013 ; 12 000 en 2014 et 18 000 en 2015)

La formation : un continuum

formation initiale avec une préprofessionnalisation qui débute en licence et qui se conclut avec l’acquisition d’un master professionnel ;

la formation continue (contact de la recherche, évolutions qui traversent les métiers de l’éducation et la société) Création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) (dès septembre 2013)

écoles internes aux universités.

écoles ouvertes sur les autres composantes de l’université, elles seront ouvertes sur le milieu scolaire et fonctionneront en associant l’ensemble des praticiens intervenant dans le milieu scolaire.

La recherche sera au cœur des enseignements qui y seront dispensés. Cadre national des formations dispensées et maquette des concours de recrutement, élaborés par éducation nationale et le ministère sup et recherche avec plus grande prise en compte des qualités professionnelles et du développement des savoir-faire professionnels. Les ESPE seront dirigées par un directeur nommé conjointement par les ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur.

Placer le contenu des enseignements au cœur de la refondation

Créer un Conseil supérieur des programmes.

Cette instance consultative offre les garanties scientifiques, pédagogiques et de transparence nécessaires à l’élaboration des programmes d’enseignement.

A la demande du ministre, ce conseil formule des propositions sur la conception générale des enseignements dispensés. Il fait des propositions sur le contenu du socle ainsi que sur les programmes et leur articulation avec les cycles.

Le Conseil supérieur des programmes donne un avis sur la nature et le contenu des épreuves de recrutement d’enseignants et sur la conception de leur formation au sein des ESPE.

Repenser le socle commun de connaissances, de compétences et de culture et mieux l’articuler avec les programmes d’enseignement.

La scolarité obligatoire doit garantir les moyens nécessaires à l’acquisition d’un socle de connaissances et de compétences constituant la culture commune de tous les jeunes et favorisant la poursuite d’études secondaires, quelles qu’elles soient. Le socle commun actuel, introduit par la loi de 2005, est cependant trop complexe et sa mise en œuvre n’a pas été satisfaisante. La conception et les composantes du socle commun seront donc réexaminées par le Conseil supérieur des programmes afin qu’il devienne le principe organisateur de l’enseignement obligatoire, dont l’acquisition doit être garantie à tous.

Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture doit effectivement être défini comme un tremplin pour la poursuite d’études supérieures comme c’est écrit là et non comme un minimum ou une fin en soi.

Faire évoluer les modalités d’évaluation et de notation des élèves.

Privilégier une évaluation positive simple et lisible, valorisant les progrès, encourageant les initiatives et compréhensible par les familles. L’évolution des modalités de notation passe notamment par une réforme du livret personnel de compétences actuel qui est trop complexe, et une diversification des modalités de l’évaluation.

Une évaluation positive et tournée vers la valorisation des progrès est une bonne chose. Nous serons vigilants à l’évolution que prendra le LPC.

Mettre en place de nouveaux contenus d’enseignement pour la scolarité obligatoire

Un enseignement moral et civique.

L’enseignement moral et civique vise notamment à faire acquérir et comprendre aux élèves le respect de la personne, de ses origines et de ses différences, l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que les valeurs de la laïcité, à former des esprits libres et responsables et à amener les élèves à se forger un sens critique et à adopter un comportement réfléchi.

Un parcours d’éducation artistique et culturelle.

Ce parcours doit permettre à tous les jeunes d’acquérir des savoirs artistiques et culturels, de pratiquer les arts, de découvrir des œuvres, des artistes, des monuments et des lieux à caractère artistique et culturel . Ce parcours doit s’appuyer sur les apports conjugués de l’institution scolaire et de ses partenaires, collectivités locales, institutions culturelles, associations. A cette fin, il faut mieux structurer ce partenariat et travailler à une complémentarité entre les interventions sur des temps éducatifs articulés entre eux : temps scolaire, péri et extrascolaire.

Une langue vivante dès le cours préparatoire.

La précocité de l’exposition et de l’apprentissage en langue étrangère est un facteur avéré de progrès en la matière. Il sera instauré un enseignement en langue vivante dès le début de la scolarité obligatoire.

Assurer la progressivité des apprentissages de la maternelle au collège.

La politique des cycles doit être relancée : unité retrouvée de l’école maternelle qui constituera un cycle à elle seule ; une meilleure continuité pédagogique entre l’école et le collège qui sera assurée avec la création d’un cycle associant le CM2 et la classe de 6ème. Chaque collège et les écoles relevant de son secteur déterminent conjointement des modalités de coopération et d’échanges qui devront désormais être inscrites dans le projet des écoles concernées et le projet d’établissement du collège. A cet effet, un conseil école-collège est institué.

De nouvelles modalités, une nouvelle instance : cela demande du temps et une reconnaissance institutionnelle et ne peut se faire que dans le respect des statuts de chacun.

Donner la priorité à l’école primaire

Redéfinir les missions de l’école maternelle.

Les missions de l’école maternelle seront redéfinies en lui donnant une unité par la création d’un cycle unique (rentrée 2014). En développant chez chacun la confiance en soi et l’envie d’apprendre, l’école maternelle doit conforter et stimuler le développement affectif, social, sensoriel, moteur et cognitif des enfants et les initier aux différents moyens d’expression. Elle assure une première acquisition des principes de la vie en société et de l’égalité entre les filles et les garçons. La prévention des difficultés scolaires y est assurée par la stimulation et la structuration du langage oral et l’initiation à la culture écrite.

Augmenter l’accueil des enfants de moins de trois ans à l’école maternelle.

L’école maternelle un atout dans la lutte contre la difficulté scolaire, l’accueil des enfants de moins de trois ans sera privilégié dans les secteurs de l’éducation prioritaire, dans les secteurs ruraux isolés et dans les départements et régions d’outre-mer. Meilleure formation des enseignants, partenariat avec les collectivités compétentes pour améliorer les conditions d’accueil.

Cette orientation va dans le bon sens mais le SNUipp a déjà soumis des propositions exigeantes à la lecture du projet de circulaire afin d’améliorer leur mise en œuvre à la rentrée 2013. Cette disposition doit se traduire par un engagement fort et concret du ministère en terme d’effectifs réduits (pas plus de 15), de temps institutionnellement reconnu pour mettre en œuvre le projet de scolarisation et de formation spécifique aux besoins particuliers que requièrent cette tranche d’âge. Cette scolarisation précoce ne sera réussie que sous certaines conditions. S’il s’agit seulement de faire du chiffre (passer de 13 % à 30 %), on ne rendra service ni aux élèves, ni aux enseignants.

Faire évoluer les pratiques pédagogiques par la mise en place du dispositif « plus de maîtres que de classes ».

L’affectation dans une école d’un maître supplémentaire sera un dispositif qui participe pleinement de la refondation de l’école. La détermination des modalités d’intervention est à définir en équipe, selon des contextes, en fonction des besoins des élèves. Afin de prévenir et de réduire sensiblement les difficultés scolaires, et sans exclure l’utilisation de ce dispositif dans les autres niveaux d’enseignement, il convient de concentrer les moyens sur les premières années de l’enseignement et dans les zones scolaires les plus en difficulté. Accroître la performance d’acquisition de la lecture et de l’écriture. Les missions et le fonctionnement des RASED évolueront pour concevoir des relations et des complémentarités dans l’ensemble des dispositifs d’aides.

Autre orientation positive sur laquelle le SNUipp a déjà soumis des propositions afin d’améliorer la rédaction de la circulaire cadrant leur mise en œuvre à la rentrée 2013. Le SNUipp a rappelé que ce dispositif ne doit en aucun cas se substituer aux RASED comme l’AP l’a fait auparavant. Le ministère devra lever toute ambiguïté dans la rédaction finale.

Pour le SNUipp, le « plus de maîtres que de classes » doit constituer un dispositif de grande ampleur avec un engagement pluri-annuel. S’il doit permettre des interventions principalement dans le cadre de la classe et si ces postes seront prioritairement implantés en éducation prioritaire ou « dans des écoles relevant de besoins similaires », le dispositif devra à terme pouvoir se décliner sur l’ensemble des territoires.

Réformer les rythmes scolaires.

La réforme des rythmes sera engagée dès la rentrée scolaire de 2013 et achevée à la rentrée 2014 dans le premier degré. Elle consistera à revenir à neuf demi-journées de classe, pour instaurer une continuité dans la semaine scolaire et pour mieux organiser les apprentissages. La matinée d’enseignement supplémentaire prendra place le mercredi, sauf dérogation sollicitée auprès des autorités académiques.

Cet aménagement permet à l’école d’assurer l’aide au travail personnel, pour tous les enfants dans le temps scolaire, et d’offrir à de petits groupes d’élèves, après le temps de classe des activités pédagogiques complémentaires. La réforme des rythmes se veut un levier pour faire évoluer le fonctionnement de l’école autour d’un projet éducatif territorial et doit conduire à mieux articuler les temps éducatifs et les temps péri éducatifs et, par conséquent, à coordonner les actions de l’État, des collectivités territoriales et des organismes œuvrant dans le champ éducatif.

La durée de l’année scolaire reste fixée à 36 semaines à la rentrée 2013. Elle pourra évoluer au cours des prochaines années.

Pour le SNUipp, afin que l’école change vraiment, les conditions d’exercice du métier de professeur des écoles doivent être revues. Le temps d’enseignement hebdomadaire doit être ramené à 23 heures. Les 108 heures annuelles (trois heures hebdomadaires) doivent être consacrées au travail en équipe, à la formation et à la concertation. Il est temps que les activités invisibles du travail enseignant soient reconnues dans leur temps de service.

Les enseignants ne peuvent être perdants dans cette réforme. Les discussions sont en cours et doivent se poursuivre dans le sens de nos revendications.

L’aide au travail personnel revient sur le temps de classe, ce qui est une bonne chose mais rien n’est précisé sur les conditions pour qu’il soit réellement possible.

Travailler la complémentarité entre les temps scolaires et péri scolaires va dans le bon sens mais cela doit se faire dans le respect des missions de chacun sans perte d’autonomie pour l’école au niveau pédagogique.

Développer une grande ambition pour le numérique à l’école.

Les technologies numériques peuvent devenir un formidable moteur d’amélioration du système éducatif et de ses méthodes pédagogiques, en permettant notamment d’adapter le travail au rythme et aux besoins de l’enfant, de développer la collaboration entre les élèves, de favoriser leur autonomie, de rapprocher les familles de l’école, de faciliter les échanges au sein de la communauté éducative. Elles offrent également des possibilités nouvelles d’apprentissage, par exemple pour l’enseignement des langues étrangères ou pour les élèves en situation de handicap.

Le numérique est un outil incontournable et de notre temps. En ce sens il a des effets sur la motivation des élèves. Pour y parvenir il faut que les enseignants soient formés afin que l’outil trouve toute sa place dans le cadre des pratiques pédagogiques..

Créer un service public de l’enseignement numérique.

L’école doit s’adapter et accompagner ces évolutions en créant un nouveau service public : le service public de l’enseignement numérique. Ce service permet d’enrichir l’offre des enseignements qui sont dispensés dans l’établissement et de faciliter la mise en œuvre d’une pédagogie différenciée. Le service public doit organiser à destination des élèves et des enseignants une offre de productions pédagogiques numériques à finalités éducatives, culturelles ou scientifiques. Il met aussi à disposition des enseignants des ressources pédagogiques, des outils de suivi de leurs élèves et de communication avec leur famille, ainsi que des contenus et services destinés à leur formation initiale et continue.

Développer des contenus numériques pédagogiques.

Des ressources et des services numériques seront mis à la disposition des écoles et des établissements scolaires pour prolonger les enseignements qui y sont dispensés et leur permettre de mieux communiquer avec les familles. Un réseau social professionnel offrira aux enseignants une plateforme d’échange et de mutualisation. Les ressources numériques éducatives des grands établissements éducatifs, culturels et scientifiques seront mises à disposition gratuitement des enseignants à des fins pédagogiques. Un effort important dans le domaine de la recherche et développement sera conduit pour développer des solutions innovantes en matière d’utilisation du numérique pour les apprentissages fondamentaux. Former des personnels, et notamment des enseignants, au et par le numérique.

Il s’agit là de remédier à un gros point noir en la matière. Ces dispositions sont censées améliorer la production et la pertinence du choix des bonnes ressources parmi une offre pléthorique.

Former des personnels au et par le numérique.

Les ESPE intégreront dans la formation initiale et continue les enjeux et les usages du numérique pour permettre à l’enseignant d’avoir un regard critique sur les usages pédagogiques.

Apprendre à l’ère du numérique.

Inscription dans la loi du principe d’une éducation numérique pour tous les élèves – qui doit permettre aux enfants d’être bien formés et pleinement citoyens à l’ère de la société du numérique. La formation scolaire comprend un enseignement progressif et une pratique raisonnée des outils d’information et de communication et de l’usage des ressources numériques qui permettront aux élèves tout au long de leur vie de construire, de s’approprier et de partager les savoirs. La formation à l’utilisation des outils et des ressources numériques comporte en outre une sensibilisation aux droits et aux devoirs liés à l’usage de l’internet et des réseaux qu’il s’agisse de la protection de la vie privée ou du respect de la propriété intellectuelle.

Le B2i « nouveau » a intégré la dimension « internet responsable » pour que les élèves surfent en toute connaissance de cause. Là aussi, formation, temps et équipement sont des incontournables pour parvenir à mener cet enseignement à bien. Ces conditions sont loin d’être réunies partout.

Coordonner les actions de l’Etat et des collectivités territoriales en faveur de l’enseignement numérique.

Exploiter les opportunités offertes par le numérique pour la formation des élèves implique d’équiper les établissements. La répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales en la matière notamment sur la question de la maintenance des équipements est clarifiée par la loi.

Par ailleurs, les cofinancements prévus par les investissements d’avenir en matière de raccordement au très haut débit pourront être mobilisés pour raccorder de façon volontariste et prioritaire les établissements scolaires du premier et du second degrés. Enfin, pour faciliter l’action des collectivités territoriales et lutter contre les inégalités territoriales, la constitution d’une offre d’équipement matériel et logiciel attractive et à l’état de l’art pour les établissements scolaires et des procédures administratives simplifiées pour leur acquisition et l’achat de prestations de maintenance seront mises en place.

Les écoles ne sont pas explicitement citées. Pourtant la priorité au primaire est affichée. Le SNUipp demande cahier des charges et péréquation pour que les communes puissent et fassent vivre l’intégration du numérique dans toutes les écoles.

Piloter le système scolaire

Responsabiliser et accompagner.

A chaque étape de la scolarité, l’action publique, qu’elle soit ministérielle ou académique, doit être au service de la pédagogie. Malgré les évolutions récentes, le système éducatif reste sous-encadré et le pilotage pédagogique aux différents niveaux du système demeure insuffisant. La politique de réussite éducative pour tous les élèves doit s’accompagner de marges de manœuvre en matière de pédagogie afin de donner aux équipes locales la possibilité de choisir et de diversifier les démarches.

Le constat peut être partagé, mais aucune piste n’est proposée.

Innover.

L’innovation pédagogique renforce l’efficacité des apprentissages. Le ministère de l’éducation nationale prendra des initiatives afin de repérer et de diffuser les innovations les plus pertinentes. Un institut des hautes études de l’éducation nationale sera créé : réflexion sur les problématiques de l’école, promotion et diffusion de toutes les connaissances utiles. Les formations proposées reposeront sur un partage d’expériences entre les hauts responsables issus du service public de l’éducation.

On reste là sur une logique d’innovation et de diffusion des bonnes pratiques avec la création d’un nouvel institut qui, lui, semble bien loin des pratiques.

Evaluer.

Le pilotage des politiques éducatives nécessite d’avoir une vision globale du fonctionnement et de l’efficacité du système éducatif. L’évaluation doit être scientifique, indépendante, et apporter une aide à la décision politique et à la mise en œuvre de réformes.

Un Conseil national d’évaluation du système éducatif est créé. Cette instance indépendante doit contribuer à rendre transparent l’ensemble du processus d’évaluation. Ce conseil peut être saisi par le président de l’Assemblée nationale, par le président du Sénat ou par le ministre chargé de l’éducation nationale ou d’autres ministères disposant de compétence en matière d’éducation ou conduisant des politiques éducatives. Il peut également s’autosaisir.

Ce paragraphe qui est séparé de celui de l’évaluation des élèves montre une rupture positive avec la confusion précédente entre évaluation des élèves et évaluations du système.

II - Une refondation pour la réussite éducative de tous

Refonder l’éducation prioritaire.

L’organisation en zonage devra évoluer et être mieux coordonnée au niveau interministériel notamment avec la réforme de la géographie prioritaire de la politique de la ville. La question de la labellisation sera réexaminée. L’allocation des moyens devra être revue au profit d’une autre approche : il s’agira de différencier, dans le cadre de leur contrats d’objectifs, les moyens en fonction des spécificités territoriales, sociales et scolaires de chacun des établissements...

Pour stabiliser davantage les équipes pédagogiques, il convient d’améliorer les conditions de travail des enseignants. Le retour à une sectorisation ou à d’autres modalités de régulation favorisant la mixité scolaire et sociale devront être examinées, expérimentées et mises en œuvre.

Une évolution du zonage est nécessaire mais elle ne devra pas exclure toutes les écoles en milieu rural pour se centrer uniquement sur l’urbain. L’octroi des moyens doit se faire en fonction des besoins à l’intérieur d’un label national et non en fonction des contrats d’objectifs de chaque établissement comme prévu ici.

Il n’y a aucune piste sur la manière d’améliorer les conditions de travail des enseignants. Ce paragraphe-là ne porte aucune ambition pour l’éducation prioritaire alors que l’objectif de réduire les écarts avec les autres écoles est affiché en introduction et que des dispositifs comme plus de maîtres que de classe et la scolarisation précoce vont concerner en priorité ces zones. Le groupe de travail devra être l’occasion de faire des propositions concrètes notamment sur les conditions de travail.

Accueillir les élèves en situation de handicap.

Face à l’augmentation rapide et continue des demandes et des prescriptions, il convient de mettre en place une approche plus qualitative et notamment de partager des outils de gestion, de suivi et de prospective pour ajuster les réponses apportées à la situation des élèves. Il convient d’améliorer la formation des personnels qui accompagnent en lien avec les conseils généraux.

Des moyens d’accompagnement seront mobilisés en priorité au cours de la législature pour favoriser l’accueil des élèves en situation de handicap. Enfin, le ministère de l’éducation nationale financera des matériels pédagogiques adaptés répondant aux besoins particuliers d’enfants déficients sensoriels ou moteurs pour faciliter leur intégration en milieu ordinaire.

Offrir un cadre protecteur et citoyen aux élèves.

L’école doit offrir aux élèves un cadre protecteur dont l’un des éléments fondamentaux est la présence d’une équipe éducative rassemblant des compétences multiples.

L’apprentissage de la citoyenneté et de la vie commune et le respect des droits et des devoirs au sein de la communauté éducative sont des objectifs pédagogiques tout aussi importants que la maîtrise des connaissances disciplinaires.

Pour devenir de jeunes citoyens, les élèves doivent apprendre les principes de la vie démocratique et acquérir des compétences civiques grâce aux enseignements dispensés et par la participation aux instances représentatives et/ou à la vie associative des écoles et des établissements.

Redynamiser le dialogue entre l’école et ses partenaires : parents, collectivités territoriales et secteur associatif.

La participation des parents à l’action éducative est un facteur favorable à la réussite de leurs enfants.

Des actions seront conduites au niveau des établissements pour renforcer les partenariats avec les parents et leurs associations. Il s’agit aussi d’accorder une attention particulière aux parents les plus éloignés de l’institution scolaire par des dispositifs innovants et adaptés.

Au niveau régional et par convention, l’utilisation des locaux et équipements scolaires hors temps de formation doit être favorisée afin de développer des activités péri-éducatives ou de permettre à des entreprises ou des organismes de formation d’utiliser ces espaces et, le cas échéant, le matériel.

Le secteur associatif est un partenaire essentiel de l’école. Le partenariat qui l’associe à l’école doit être développé dans le respect et en fonctions des capacités et des compétences et de l’objet des associations qui le constitue.

Le travail avec les familles est effectivement indispensable et essentiel. Le temps nécessaire doit donc être reconnu et pris en compte dans le temps de travail des enseignants.

Pour le SNUipp, quels que soient les partenariats avec les collectivités ou les associations, les missions assignées à l’école doivent être assurées par l’école.

 

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