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26 novembre 2012

Bien apprendre et bien être des enfants

Si la réforme se résumait à un simple retour à 4 jours et demi, cela serait-il suffisant pour la réussite de tous, pour remonter presque par magie dans les classements de PISA et améliorer de 4 ou 5 points les résultats aux évaluations  ? Si on compare les résultats des élèves dans quelques départements à 4 jours et dans quelques départements à 4,5 jours de classe, on ne constate pas d’effet « rythme ». Le taux de réussite aux évaluations nationales en 2006 en CE2 en français variait de 69,9% à 78,8% dans les départements à 4 jours et de 67,7 à 73,3% dans les départements à 4,5 jours alors que la moyenne nationale était de 70,7% En mathématiques, de 68,2% à 73,8% dans ceux à 4 jours et de 65,6% à 72,4% dans ceux à 4,5 jours, la moyenne nationale étant à 69,9%. D’autre part, les enquêtes PISA montrent avant tout une corrélation très forte entre niveau social et niveau scolaire.

Toutes les recherches montrent que le temps réel qu’un enfant passe à bien apprendre est un élément bien plus déterminant que les rythmes. Cela passe d’abord par une formation professionnelle des enseignants initiale et continue de haut niveau, une révision ambitieuse des programmes et des moyens pour la réussite de tous les élèves, passant notamment par des RASED reconstitués et la mise en place de dispositifs comme le « plus de maîtres que de classes ».

Mais cela passe aussi par ce qu’on appelle le « bien être » de l’élève.

Le SNUipp-FSU estime que depuis trop longtemps, cette question est escamotée dans le débat éducatif français. Ce n’est pas qu’une question d’emploi du temps. Prenons le temps aussi de regarder :

* L’architecture et la qualité des locaux, du mobilier. Comment se concentrer quand dans une classe la température s’élève fortement au moindre rayon de soleil ? Comment les enseignants peuvent-ils varier les situations d’apprentissage quand le manque de place empêche tout mouvement ou que le mobilier n’est pas adapté ?

* La manière dont est prise en charge l’hygiène (qualité des toilettes, sanitaires adaptés à l’âge des enfants,...) qui, loin d’être anecdotique comme l’a montré l’enquête de l’ONS, contribue aussi au bien être des élèves et donc à leur capacité à travailler dans de bonnes conditions.

* La qualité de l’accueil pour des enfants qui sont parfois déposés à la garderie dès 7h30, qui jouera sur les capacités d’attention au moment de la lecture à 9h00 par exemple.

* La qualité du temps du repas de midi pris dans le calme ou le bruit, et de la pause méridienne, qui auront une influence sur la disponibilité des élèves dans l’après-midi.

* Pour les plus petits, l’aménagement de l’espace sieste et son articulation avec le repas du midi. S’il a déjeuné à 12h et joué ensuite dans la cour pendant une heure, un jeune élève de 4 ans n’a plus sommeil quand on lui demande de faire la sieste à 13h30.

* Mais surtout le nombre d’élèves par classes. Les élèves ne vivent pas et n’apprennent pas de la même manière dans une classe de 30 ou dans une classe de 22.

Ces sujets de la vie quotidienne des enfants sont trop souvent occultés. On retrouve des situations très inégales d’une école à l’autre en fonction des ressources financières, de l’expertise ou même de la volonté politique des communes. Selon l’enquête réactualisée par le SNUipp-FSU en octobre 2012, les dépenses d’éducation des collectivités locales, bien qu’en augmentation constante, varient toujours de 1 à 10. Est-ce que la réforme s’attaque à ces sujets de fond ? Hélas, non pour l’instant.

 

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