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24 octobre 2012

Éducation artistique et culturelle : dès l’enfance... de l’art !

L’art et la culture à l’école ne se limitent pas à l’enseignement de l’histoire mais répondent à des enjeux d’éducation fondamentaux comme l’acquisition d’une culture commune, l’éducation à la citoyenneté ou la lutte contre les inégalités scolaires.

« L’objectif est de généraliser les programmes d’éducation culturelle de la maternelle à la terminale » . Si l’enseignement des arts à l’école est déjà inscrit au programme, la volonté du chef de l’État est d’en ouvrir le champ à la culture au sens plus large, car il y voit « un enjeu d’épanouissement, de confiance et de fierté » . C’est en tout cas ce qu’il a déclaré le 9 octobre dernier à la Sorbonne lors de la conclusion de la concertation sur la refondation de l’école au cours de laquelle il a présenté les grandes lignes de la future loi d’orientation et de programmation. Cette volonté trouve aussi sa traduction dans le chantier de l’éducation artistique et culturelle que s’apprête à lancer la ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti. Cet affichage ambitieux sera-t-il suivi d’effets ? Ça, c’est l’avenir qui le dira, la concrétisation d’une telle promesse ne pouvant se mesurer que dans la durée. Ceci-dit, en soulignant cet aspect de son projet, le chef de l’État met le doigt sur un véritable enjeu pour l’école. L’enseignement des arts et de la culture est en effet une arme à multiples facettes. Comme le souligne le SNUipp (lire l’article), il participe à la construction d’une culture commune de haut niveau et l’école primaire a un rôle fondamental à jouer dans cette entreprise. Les programmes de 2008 qui voulaient recentrer l’enseignement primaire sur les savoirs fondamentaux, ont quelque peu réduit les objectifs de cet enseignement. L’approche se cantonne essentiellement à la transmission de l’histoire de l’art. Ce volet reste indispensable à l’acquisition d’une culture générale et fait partie intégrante du travail de l’école. Il s’avère toutefois limitatif compte tenu des potentialités éducatives de cette matière.

Les chemins de la citoyenneté

Gérard Garouste, peintre et sculpteur créateur de l’association La Source qui diffuse les pratiques artistiques chez les jeunes des quartiers populaires en souligne quelques traits saillants (lire l’entrtien). « Pour certains enfants, ne pas lire, ne pas écrire, c’est résister au monde des adultes » remarque-t-il, lui qui travaille essentiellement avec des jeunes en échec scolaire. « L’artiste les embarque dans une espèce d’utopie à laquelle ils adhèrent spontanément. Mis devant l’acte de créer, l’enfant se révèle à lui-même et peut ainsi trouver son identité et sa place dans la société » . Favoriser le développement de l’enfant, lui faire prendre les chemins de la citoyenneté, c’est bien là une des missions fondamentales de l’école. Cet intérêt de l’enseignement artistique pour donner un coup de pouce aux enfants des milieux défavorisés, l’équipe de l’école maternelle Barbanègre à Paris l’a bien assimilé (lire l’article). Avec le soutien du musée du Louvre qui lui prête des moulages d’œuvres d’art, les enseignants ont entrepris une démarche qui n’est pas sans rappeler celle de « La main à la pâte » avec des manipulations et de l’expérimentation puisque les enfants deviennent aussi producteurs. A travers cet outil c’est le langage, l’expression corporelle, le graphisme… autant de domaines spécifiques à la maternelle et qui sont ici travaillés. Gérard Garouste qui a souvent à faire à des enseignants propose une approche particulière pour construire des formes de progression qui facilitent l’accès des élèves à l’univers artistique et culturel. L’art pariétal dans les petites classes ou les civilisations précolombiennes au Cycle 3 par exemple, des formes de médiation culturelle faisant appel à l’imaginaire des enfants.

Une porte ouverte sur les savoirs dits « fondamentaux »

« L’éducation artistique est émancipatrice. Encore faut-il qu’elle s’élabore sur la base de la participation et de l’activité réelle de l’enfant » . Katell Tison-Deimat, animatrice à l’Office centrale de coopération à l’école ajoute ainsi une autre dimension : l’émancipation (lire l’article). Une notion qui n’est pas sans rapport avec l’acquisition de l’autonomie, de l’esprit critique : encore une mission de l’école, non ? L’animatrice de l’OCCE estime qu’il faut aujourd’hui « inverser la logique précédente qui tendait à sortir l’éducation artistique du domaine de la scolarité obligatoire » . Mais l’éducation artistique c’est aussi une question de compétence de l’enseignant qui parfois ne s’estime pas à la hauteur. La formation initiale et continue est donc prépondérante pour lui permettre d’acquérir pas seulement du savoir, mais du savoir-faire professionnel. Les moyens aussi sont indispensables. Quelques classes bénéficient encore des financements classe à PAC, mais la source s’est singulièrement tarie ces dernières années, économies budgétaires obligent. À propos des pratiques, l’inspectrice générale Viviane Bouysse avait piloté en 2007 une étude dont un des titres résume plutôt bien la situation : « Une réalité complexe et très variée ». (lire l’article) Le rapport pointait notamment deux tendances claires : des pratiques fréquentes et régulières à la maternelle, une insuffisance des pratiques à l’élémentaire. Enfin, le développement de cet enseignement est aussi une affaire de ressources. Le territoire sur lequel s’insère l’école peut être parfois un atout. C’est le cas à Chalon-sur-Saône ville qui a une longue histoire culturelle, technologique et industrielle liée à la photographie. Les élèves de CM1 de l’école Jean Lurçat bénéficient chaque année de 108 heures dédiées à cette activité pour refaire le chemin des inventeurs de la photo. Ceux du CM2 travaillent avec des artistes sur des gros projets. « C’est une expérience qui marque autant le plan artistique que tous les autres apprentissages », explique Caroline Tejedor. (lire l’article) Finalement, l’enseignement artistique comme porte d’entrée vers plus de transversalité avec les savoirs fondamentaux, tout le monde s’y retrouve.

 

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