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14 octobre 2012

Loi d’orientation, première analyse des propositions gouvernementales

Le gouvernement vient de retenir les propositions, issues du rapport sur la concertation, qui serviront de base à la loi d’orientation : réhabilitation de la scolarisation des moins de trois ans, mise en œuvre du « plus de maîtres que de classes », refonte de la formation des enseignants...

Le SNUipp-FSU a participé à cette première étape de consultation, avant la négociation qui s’engage en octobre, en faisant part d’un grand nombre de propositions pour faire avancer l’école et obtenir une amélioration des conditions de travail et d’emploi des enseignants. Grande absente du rapport, et donc des propositions mises en débat, la revalorisation des salaires des enseignants, alors que la FSU réclame des mesures d’urgence suite à la dégradation continue du pouvoir d’achat.

Le constat d’un système scolaire fortement inégalitaire

Les deux premières parties du rapport dressent un constat du système éducatif qui correspond souvent à l’analyse de la FSU. Il rappelle les améliorations du système éducatif en termes de massification, mais en souligne les limites et notamment les inégalités, l’absence de démocratisation, les résultats médiocres en terme d’insertion professionnelle pour une partie importante d’élèves, sortis sans qualification du système scolaire. Le rapport insiste également sur les discriminations : inégalités quant au genre, quant au milieu social dont sont issus les élèves, inégalités sur l’ensemble du territoire…

De nombreuses suggestions… qui entraînent de nombreuses questions ou désaccords

Il est difficile de rendre compte et d’analyser la grande diversité des suggestions et propositions même si l’on s‘en tient à l’école primaire. Nous vous invitons donc à lire le rapport dans son intégralité.

Le SNUipp-FSU jugera les actes, les bonnes intentions ne suffiront pas.

Il n’y a aucun chiffrage de l’ensemble des mesures, le budget prévu pour le moment ne suffira pas à réaliser l’ensemble de ces propositions. Le SNUipp-FSU se félicite que la priorité à l’école primaire soit de nouveau réaffirmée, même si celle-ci ne doit en aucun cas se réaliser au détriment des autres niveaux d’enseignement.

Le rapport affirme l’importance d’une formation initiale professionnalisante et souligne la nécessité des pré-recrutements, mais sans indiquer les moyens et les modalités de mise en œuvre.

L’école maternelle est confortée dans son rôle et est valorisée, la scolarisation des moins de trois ans y est également avancée. Le rapport évoque une « formation spécifique » pour les personnels y travaillant. Si l’établissement d’une réelle formation spécifique sur l’école maternelle est indispensable, il n’est pas question d’instaurer une nouvelle division au sein des professeurs des écoles maternelle/élémentaire.

Sur les rythmes scolaires, le rapport avance l’ajout du mercredi matin à la semaine de classe et le raccourcissement éventuel des vacances. Le ministre n’a retenu que la première proposition et renvoie un éventuel allongement de l’année scolaire à plus tard. Toutefois, le flou règne, même si le ministre affirme qu’« aucun enfant ne sera dehors avant 16h30 au minimum » : quelle va être l’heure de fin du temps scolaire ? Quelles activités vont-être effectuées après celui-ci, et par qui ? Quelles redéfinitions des obligations de service pour les enseignants (aide personnalisée, 108 h…) ? Le SNUipp-FSU entend bien continuer à consulter les personnels sur ces questions, mais d’ores et déjà il réaffirme que tout changement important des conditions de travail et d’emploi des enseignants devra être accompagné de contreparties pour que cela soit accepté par la profession.

Du point de vue du contenu des apprentissages et des méthodes d’enseignement, pléthores de formulations en faveur de pédagogiques innovantes qui ne sont pas clairement définies. Pour le SNUipp-FSU, c’est bien la réforme des contenus et des méthodes qui sera le levier de la réussite de tous les élèves.

Le rapport ne cesse de jongler entre la défense du socle commun et du LPC tout en reprenant à son compte les critiques que la FSU porte sur ces derniers. Pour le SNUipp-FSU, ce n’est pas une simple « rénovation » du socle qu’il faut, mais bien une rupture avec celui issu de la loi Fillon de 2005.

Même si le SNUipp-FSU se félicite de la reprise du dispositif « plus de maîtres que de classes », il déplore vivement l’absence des Rased et revendique toujours le rétablissement des postes.

Concernant les élèves en situation de handicap, le rapport préconise la professionnalisation des AVS en leur donnant un statut. Là encore, le SNUipp-FSU attend les actes.

L’éducation prioritaire est également peu présente dans le rapport si ce n’est pour annoncer la volonté d’abandon d’un label « éducation prioritaire » au profit de critères de classement qui restent encore floues.

Enfin, même si ce point n’a pas été repris pour le moment par le gouvernement, le rapport préconise un statut de directeur sans aucun contenu précis : hiérarchique ou non ? Nouveau corps ? Pour le SNUipp-FSU, il est grand temps de clarifier les missions de direction et donner aux personnels les moyens de travailler, mais pour cela, nul besoin d’un statut qui en plus d’être un miroir aux alouettes introduirait de la division au sein des équipes.

Il est grand temps de consulter les enseignants

Après deux mois d’écoute et avant tout arbitrage définitif, une nouvelle étape décisive s’ouvre, celle de la négociation. Le SNUipp-FSU va s’engager dans ces discussions avec détermination pour promouvoir les droits des enseignants et la réussite des élèves. Notre école doit retrouver un rythme de travail apaisé et serein.

Enfin, la loi d’orientation ne pourra pas se faire sans les enseignants. Ce sont eux qui font l’école au quotidien. Leur expertise doit être entendue. Aucune modification ne saurait dégrader leurs conditions de vie personnelle et professionnelle. Si nous changeons, c’est pour du mieux !

Avant tout vote de la loi, le SNUipp-FSU estime qu’il est indispensable que les enseignants puissent donner leur avis comme cela a été parfois possible lors de l’élaboration des programmes. C’est avec cet état d’esprit que, de son côté, il a lancé une grande enquête nationale . Il entend bien en utiliser les résultats pour peser sur les discussions.

 

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