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10 octobre 2012

Orthographe : l’indispensable médiation

Des travaux de la linguiste Nina Catach à la mise en oeuvre d’ateliers d’écriture et d’orthographe dans les classes : un parcours de recherches et de pratiques accompagnées.

Les enseignants connaissent-ils les ANG ? Les ateliers de négociation graphique ? La profusion de sites de circonscription où ils sont référencés nous inciterait à le penser mais de rapides échanges prouvent parfois le contraire. Pourtant, depuis plus de quinze ans, Ghislaine Haas, Danièle Lorrot et Pierre Moreau, diffusent les résultats de leurs travaux sur cette pratique renouvelée de l’orthographe à travers des animations, des conférences, des stages. L’ANG est un dispositif où, après avoir écrit seuls une phrase proposée par l’enseignant, les élèves vont en discuter, justifier leur choix, argumenter. Des interactions qui vont leur faire « parler l’orthographe » pour mieux l’appréhender. Simple en apparence mais adossé à de solides références théoriques. Ghislaine Haas, professeur d’université raconte : « Dans les années 80, Nina Catach, une chercheuse en linguistique, transformait complètement le regard que l’on portait jusque là sur l’orthographe du français ». Ces travaux montrent que l’orthographe peut devenir un système intelligible et non pas un amas de règles aléatoires. « J’étais donc en possession de ces travaux, très prometteurs pour la didactique de l’écriture et de l’orthographe, mais à la recherche de leur exploitation dans l’enseignement » poursuit Ghislaine Haas. La rencontre avec Danièle Lorrot professeur à l’École normale de Dijon sera déterminante. « Moi apportant le substrat théorique, elle sa connaissance du terrain, des enseignants et des problèmes didactiques ».

Chercheurs, concepteurs et formateurs

Une petite équipe se constitue autour d’elles avec des instituteurs prêts à s’investir pour expérimenter dans les classes. Elle se poursuivra dans l’IUFM de Bourgogne. « Il a fallu plusieurs années, des terrains et des collaborations nombreux pour que nous mettions au point sur le plan théorique et pratique les Ateliers de Négociation Graphique. » En 1996, une première publication dans la revue « Repères » (ENS) permet la diffusion des travaux, mais ce sont surtout les enseignants associés à la recherche qui vont en faire la promotion. Pierre Moreau fait partie de ceux-là. Enseignant, puis maître-formateur, maintenant en retraite, il encadre toujours des formations par le biais du CRDP de Dijon qui publie les ouvrages de l’équipe. « Il faut du temps pour mettre en place le dispositif et en percevoir les effets positifs, dit-il. Un accompagnement dans les classes est nécessaire car le plus difficile pour les enseignants est de travailler sur les interactions entre les élèves. » Caroline, enseignante en CP dans un village de l’Ain a participé l’année dernière à un stage de circonscription encadré par l’équipe de formateurs/ concepteurs. Elle confirme : « le fait de pouvoir tester des choses en classe et d’avoir ensuite le temps de les analyser lors des retours en stage m’a encouragée à mettre en place plus systématiquement les ANG avec ma classe ». Isabelle sa collègue de CE2 complète : « Je poursuis cette année les ANG systématiquement une fois par semaine. J’ai trouvé intéressants les réflexions et débats que cela provoque entre les élèves du groupe ». Pas si facile pourtant de mener un atelier. «  Un changement dans la posture du maître est indispensable  » nous dit Catherine Godart, une enseignante formatrice qui pratique les ANG avec sa classe de grande section depuis quelques années. « Il ne faut pas donner les réponses » et la présence du chercheur ou du formateur est une aide précieuse au début. « Elle vole maintenant de ses propres ailes » et forme à son tour les jeunes enseignants. La recherche est donc toujours vivace, elle continue de se diffuser en s’alimentant de recherches plus contemporaines, en s’élargissant à d’autres pratiques de l’étude de la langue, attentive à la collaboration avec les conseillers pédagogiques et à l’accompagnement des enseignants formés. La recette du succès : « une étroite collaboration entre les chercheurs et le terrain, conclut Ghislaine Haas, pour cela il faut des médiateurs, rôle que les professeurs d’IUFM pouvaient tenir. »

À méditer avant la création des futures Écoles supérieures du professorat et de l’éducation.

 

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