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9 mai 2012

LPC : position du SE-UNSA

Source : Site SE-UNSA 04 "Nos positions nationales et départementales"

La mise en place du travail par compétences et du LPC se fait dans la douleur. A cela une bonne raison : nous vivons tous une période de transition entre nos pratiques d’évaluations acquises et l’évaluation par compétences. Comme dans toute période de transition, nous sommes dans un flou artistique plutôt désagréable.

Plusieurs difficultés découlent de l’arrivée du travail par compétences :

* La coexistence temporaire des deux systèmes d’évaluation qui donne l’impression de faire le travail deux fois, ou d’en bâcler un des deux.

* La remise en cause de nos habitudes pédagogiques, puisque l’évaluation par compétences change nos manières de concevoir nos séquences, de les conduire et de les évaluer. Le manque de clarté du Ministère qui donne des objectifs sans calendrier précis, sans formation approfondie, sans outils aboutis et laisse les personnels se débrouiller à vue.   Dans ce contexte imprécis, nous ne devons pas perdre de vue les questions essentielles :

Quel est le fonctionnement pédagogique le plus adapté à nos enfants et à notre société ?

Au Se-UNSA, on répond sans hésiter : les compétences, car :

* Elles permettent l’individualisation pédagogique, donc la prise en compte des capacités et des difficultés propres à chaque élève. Autrement dit, elles permettent à chacun de développer au mieux son potentiel et aux enseignants de lutter chez chaque élève contre l’échec (et la phobie) scolaires.

* Elles mettent fin au système de notation traditionnel dont l’objectif était de sélectionner uniquement les meilleurs et de renvoyer les autres aux champs, à l’usine ou à la rue. Autrement dit, elles font évoluer de l’école de l’élite vers l’école de chacun.

* Elles nous permettrons bientôt de refonder un pacte républicain entre la Nation et son Ecole, au bénéfice des enfants et des enseignants, qui ne seront plus vus comme des autocrates culpabilisants, feignants et incapables (dixit certains membres de l’UMP…).   En outre, reconnaissons-le, nous n’avons pas trop le choix  ! Le travail par compétences s’impose aux plans européen et international ; et les pays qui s’y sont engagés avant nous obtiennent des résultats scolaires supérieurs aux nôtres et parviennent à réduire les inégalités sociales pour un coût budgétaire moindre.

  Alors pourquoi certaines organisations syndicales s’opposent-elles aussi violemment auLPC (Livret Personnel de Compétences) et au travail par compétences lui-même ?

Etudions certains de leurs arguments :

Utilité pédagogique contestable .

Notre réponse : certes, il reste des choses à faire, mais le plus contestable pour nous c’est de s’accrocher de manière réactionnaire au système actuel qui ne marche plus.Quant à l’idée que les compétences s’opposent aux connaissances, elle ne révèle que l’ignorance de celui qui l’exprime, tant les unes et les autres sont consubstantielles.

Une ingérence dans la liberté pédagogique des enseignants .

Notre réponse : la liberté pédagogique ce n’est pas faire ce qu’on veut comme on veut, mais faire ce qui est le mieux pour les élèves qu’on a. De plus, le travail par compétences nous incite plutôt à la créativité pédagogique, et ce dans un cadre large et souple. Il est bien moins contraignant que les sacro-saints programmes annuels qui nous servaient d’horizon indépassable.

Une surcharge de travail.

Notre réponse : bien sûr ! Tant que nous n’avons pas complètement basculé vers les compétences, il y a un double travail d’évaluation et un travail d’adaptation au nouveau fonctionnement. Ensuite, notre travail sera allégé grâce aux outils tels que le LPC ou des logiciels comme Capacités© qui simplifient l’évaluation, l’édition de bilan et le suivi.

Une stigmatisation des élèves en situation de handicap.

Sans réponse tant cela relève du phantasme ou de la paranoïa… . Au contraire, le travail des élèves handicapés peut être facilement valorisé dans un Livret de Compétences adapté.

Un problème de confidentialité.

Notre réponse : gérer des bases de données confidentielles n’a jamais posé de réels problèmes à l’Etat, et les outils tels le LPC sont soumis à la CNIL. Dans le 2d degré, les informations concernant les élèves sont fréquemment stockées sur des serveurs et dans des logiciels privés ! Or nous n’avons pas connaissance de quelconques fuites mal intentionnées. Encore une étrange paranoïa…   Sachant que la plupart de nos collègues des autres syndicats sont déjà en train de mettre en œuvre le travail par compétences, et ont de bonnes inspections grâce à leur implication pédagogique dans cette nouvelle approche, pourquoi proposer un boycott duLPC ?

Au Se-UNSA nous pensons que les vraies raisons ne sont pas pédagogiques, techniques ou professionnelles. Elles tiennent plutôt à l’organisation des syndicats majoritaires, qui distingue avec acharnement le 1er et le 2nd degré. Or le syndicat majoritaire du 2nd degré est profondément attaché à l’approche disciplinaire, à un point qui frise le corporatisme. Cette approche est directement bouleversée par le travail par compétences qui impliquel’interdisciplinarité et la polyvalence. Les collègues du 1er degré sont moins dérangés par la polyvalence, qui est dans leur nature d’éducateur.

Quant à nos collègues contestataires qui voient dans l’évaluation par compétences un instrument de domination sociale imposé par la classe dirigeante, nous leur opposons que ce n’est qu’un outil. La classe dirigeante a la capacité d’utiliser à son profit n’importe quel outil d’évaluation, sa domination trouve son origine ailleurs, dans le système capitaliste, et se moque des outils par lesquels elle broie ses employés. En éducation, c’est à nous collectivement de rendre l’outil intelligent et au service des élèves.   Au Se-UNSA nous n’avons pas peur de l’avenir ni de remettre en cause nos pratiques si c’est dans l’intérêt des élèves et de nos actes pédagogiques. Nous avons démocratiquement choisi nos positions et nous les défendrons malgré un gouvernement qui instrumentalise les compétences pour déboussoler les enseignants, et malgré nos camarades qui utilisent la confusion actuelle due à la phase de transition pour prendre des poses de chevaliers blancs.

 

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