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SNUipp-FSU Charente (16)

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9 avril 2012

Projet d’école 2012 : un insupportable DIKTAT

L’Inspection Académique va demander aux écoles de faire le bilan du dernier projet d’école (qui est toujours en cours pour certaines équipes) et de présenter le projet 2012-2016.

Les documents

Dès la CAPD du 3 avril (lire le C.R. sur le site du SNUipp16), le SNUipp16 avait évoqué cette question. La circulaire est parue en catimini sur l’intranet, le 12 avril. Vous pouvez les éditer sous format PDF en pièces jointes :

- le courrier de la rectrice adressé aux principaux de collèges, IEN et DASEN ... mais pas aux directeurs !!!!

- "le guide pour la rédaction du projet d’école au service de l’Ecole du Socle"

- le projet d’école formaté : 16 pages et 31 tableaux à remplir

- la fiche guide pour l’évaluation du contrat 2008

- la maquette du projet d’établissement collège

Calendrier

Les IEN réunissent actuellement les directeurs pour prêcher la "bonne parole" de la Rectrice.

Mars-Juin 2012 :

évaluation des projets en cours, élaboration des diagnostics, validation de la 1ère partie par l’IEN.

Septembre-novembre 2012

écriture des projets d’école selon les axes du cadre académique. concertation entre les maternelles/ écoles et écoles/collèges (élaborer des actions communes, calendrier commun, indicateurs communs).

Novembre-décembre 2012

échanges avec les IEN et validation du projet d’école.

SNUipp16 : l’IA précédent avait acté que les projets d’école pouvaient courir jusqu’en 2014. Arbitrairement, on nous dit de tout arrêter, d’évaluer et de tout recommencer ! Alors que toutes les équipes sont dans le rush final de cette fin d’année scolaire, le volume horaire qui devrait être consacré à remplir tous les tableaux est proprement hallucinant, avec des informations que nous avons déjà données à l’administration. ex. Taux d’absence en 2008/2009-2009/2010-2010/2011-2011/2012 Taux de participation des parents aux élections : 2008/2009-2009/2010 ........ Un bilan des acquis à l’école maternelle en GS pour 2010/2011 et 2011/2012 avec 30 items à remplir

Les axes académiques du projet d’école (Quid de la liberté pédagogique, quid des réalités du terrain ?)

AXE 1 : Consolider les savoirs fondamentaux dans l’école du socle commun

Définition :"consolider les savoirs fondamentaux dans l’Ecole du Socle Commun, prioritairement les compétences 1 et 3"

Indicateurs : évaluations nationales, bilan des acquis en maternelle, validation des compétences des paliers 1 et 2, autre

AXE 2 : Prendre en compte les besoins pédagogiques et éducatifs de chacun

Définition :"Faire progresser chaque enfant à son rythme en lui garantissant l’obtention des 7 compétences du socle commun et la prise en compte de ses besoins pédagogiques et éducatifs".

Indicateurs : 15 tableaux à remplir centrés sur les dispositifs : aide personnalisée, stage de remise à niveau ...

ATTENTION : pas plus de trois actions à élaborer pour ces 2 axes.

AXE 3 : Ecole du socle : de l’école au collège

Définition : " Ecole du socle : de l’école au collège .. Renforcer la cohérence et la continuité des apprentissages au-delà des nécessaires ruptures"

Pour la liaison maternelle/élémentaire : 4 étapes pour les équipes

1/ effectuer les bilans des projets d’écoles maternelle et élémentaire

2/ conseil des maîtres communs pour partager diagnostic et sélectionner des indicateurs

3/ établir un nombre limité d’actions complémentaires ou communes surtout pour la langue orale et le lexique

4/ prévoir le dispositif d’évaluation et le calendrier des temps de concertation

Pour la liaison école/collège : 4 étapes pour les équipes

1/ idem

2/ réunion commune autour de 9 indicateurs au minimum (PPRE, SRAN, Boursier ...)

3/ idem sur les actions (articulation des apprentissages ; outils communs ; actions et projets communs ; appropriation des espaces d’un cycle à l’autre)

4/ idem

SNUipp16 :La constitution des établissements de socle commun pourrait être l’occasion de regrouper des écoles primaires situées sur un même territoire. Il y a là, matière à fermer des écoles et récupérer des postes. Quelles pourraient être dans ce cadre la place et l’identité de la maternelle ? Les écoles seraient-elles regroupées dans le collège avec fermeture de nombreuses écoles rurales ? Serait-ce la fin des RPI et de l’école de proximité ? De plus, se pose alors la question de la place de l’école primaire. Par exemple, dans l’esprit des législateurs, elle passerait sous le joug du statut du collège. Quel avenir pour le conseil d’école qui implique tous les enseignants du primaire ? Que deviendraient les directeurs d’école au sein de cette nouvelle organisation ?

Alors que faire, maintenant ?

Le SNUipp16 lance une "concertation en ligne", exprimez-vous individuellement ou collectivement sur cet Outil Volumineux Normé et Indigeste. Boycott ? Projet d’école identique à toutes les équipes ? ..... vous avez la parole, saisissez la tant qu’il est encore temps ! Nous vous communiquerons la synthèse de vos propositions et analyses après les vacances.

https://docs.google.com/spreadsheet/viewform ?formkey=dExxVXhRcU1FSlpNQ2VRVXVmTFptUFE6MQ#gid=0

Projet d’école : pour aller plus loin

Il est clair qu’il s’agit aussi pour l’administration de faire valider, au travers des projets d’école la politique éducative actuelle. Pourtant cette politique est largement contestée par la profession. Elle se traduit sur le terrain par les suppressions de postes, la fragilisation de l’école maternelle, l’abandon de la formation.

Une évolution sémantique parlante :

Le projet d’école institué par la loi du 10 juillet 1989 prenait en compte l’enfant-élève tel qu’il est, le plaçait au centre du système éducatif, permettait aux enseignants de travailler en équipe. Il avait pour objectif une meilleure réussite scolaire en privilégiant une pédagogie efficace, différenciée et active, dans un cadre pluridisciplinaire.

Le savoir-faire y avait sa place aux côtés des savoirs et du savoir-être. La circulaire de 1990 précisait même d’ "éviter l’accumulation de données chiffrées et statistiques et l’organisation d’enquêtes ambitieuses difficiles à maîtriser"

Devant les documents que l’on va nous donner bientôt à remplir, nous sommes dans l’acquisition des fondamentaux français-maths, le socle commun, des tableaux statistiques centrés sur des indicateurs relevant des résultats "obtenus" (les chiffres se sont transformés parfois en route) aux évaluations nationales... des successions de chiffres qui culpabilisent sans apporter de solution, sans être porteurs de solutions. Notre administration gère l’école en fonction de moyens budgétaires définis par un cadre idéologique qui tend à la disparition des fonctionnaires.

Quoi faire ?

La réalité de nos écoles ne se signale pas par des chiffres et des pourcentages. Nous n’avons pas besoin d’eux pour connaître nos élèves, les spécificités de l’école dans laquelle nous enseignons et de l’environnement hors duquel elle n’existe pas. Pour définir et choisir les axes de son projet, chaque école est en mesure de choisir les indicateurs qui lui sont utiles. Notre professionnalisme nous le permet.

Écrasés par les demandes et les injonctions inutiles, nous n’accepterons pas de sacrifier le projet d’école à une machine comptable.Le projet d’école doit rester un élément fédérateur des écoles, un outil né de la réflexion des équipes, qui peut être remanié, adapté et qui permet une projection sans devenir un carcan.

Nous refusons de réduire notre professionnalisme à des grilles statistiques.

Ainsi, l’école ne serait plus qu’une vaste entreprise où tout est répertorié de façon comptable, où la relation pédagogique n’est plus qu’un alignement de chiffres et pourcentages, où le qualitatif cède le pas au quantitatif exprimé en tableaux ?

Pour le SNUipp-FSU16, la réponse est non, ce n’est pas de ce pilotage de l’école que nous voulons !

Le projet de l’école du socle commun... Qu’est-ce que c’est ?

Ce nouveau projet d’école est défini par le contrat d’objectif départemental, lui-même calqué sur le contrat d’objectif académique, reprenant les injonctions ministérielles... Une diffusion sans aléa, de la tête de l’état à chaque établissement. Le rêve de tout gouvernant voulant faire l’économie du débat et de la concertation !

Peut-être ne sommes-nous pas... objectifs ? Car le contrat vise à améliorer les performances des élèves et les pratiques professionnelles :

- améliorer des pratiques professionnelles des enseignants est louable. Le faire en réduisant massivement leur nombre et en bafouant leur formation, peut laisser perplexe.

- se soucier de la réussite de tous est également honorable, mais le terme "performance", appliqué à des élèves, donne un éclairage particulier à l’ambition éducative...

Le diagnostic est établi à partir d’indicateurs chiffrés qui pilotent le contrat d’objectifs...

- donc, puisque nous disposons à présent d’indicateurs chiffrés, les contextes et personnes pourront enfin prendre la forme d’une belle équation, ce qui simplifie grandement la réflexion et nous évite d’aller nous égarer dans des analyses trop détaillées. Nos inspecteurs apprécieront cette simplification considérable de leur travail.

- parmi ces indicateurs, les résultats des Évaluations Nationales figurent en bonne place. Voilà qui est enfin clair et rassurant : vous aviez le quota N d’élèves atteignant tel score en math et français, il vous sera tout simplement demandé d’atteindre le quota N+1 l’année suivante.

Rappelons que la mesure des performances en math et français est obtenue via les Évaluations Nationales dans des conditions hautement contestées...

Rappelons également que les attendus demandés aux enseignants sont depuis toujours détaillés dans les programmes scolaires. Sauf qu’il s’agit là de qualitatif et non de quantitatif.

Cependant, il faut le dire, établir un projet d’établissement où l’on se contente de viser une amélioration N+1 des performances est bien plus vite écrit qu’une approche qualitative des choses...

Et pour ce qui est de l’adhésion des personnels à cette nouvelle "philosophie"... Il suffira d’expliquer correctement aux enseignants ce qu’est réellement une performance : quand les gens ne sont pas d’accord avec une orientation, c’est qu’ils auront mal compris.

Et pourtant... Nous en sommes convaincus : les progrès de nos élèves ne peuvent s’inscrire dans une logique comptable, nous plaçons l’humain, la pédagogie, les relations, au-dessus des mesures quantitatives !

 

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