www.snuipp.fr

SNUipp-FSU Charente (16)

Vous êtes actuellement : Dossiers  / Maternelle 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {} syndiquer le forum 0 réaction
18 mars 2012

Parents-enfants : Des ateliers pour le dire

Quand l’apprentissage du langage devient la priorité d’une école, quand les ateliers du vendredi soir redonnent aux parents le pouvoir d’agir sur les mots, alors « parler, dire, comprendre et réfléchir » sont les biens communs de tous les élèves.

Françoise Sudre est directrice depuis 6 ans à l’école maternelle Alfred de Musset à Evreux dans l’Eure. L’école fait partie du dispositif ECLAIR, et ses effectifs sont bloqués à 25 élèves par classe. Dans sa classe, Françoise travaille le langage avec des photos de chacun de ses élèves, prises tous les jours dans toutes les situations scolaires possibles. Plastifiées au format A4, catégorisées par les élèves dans de grandes boîtes accessibles à tous, ces photos servent de support aux ateliers quotidiens de langage, en petits groupes d’élèves homogènes. Avec la maîtresse, le groupe légende une photo par un verbe, une action, un nom, une expression, un début de phrase, ils s’aident entre eux, ils entrent dans la complexité langagière à leur rythme, suivis de près et toujours encouragés par la maîtresse. Apprentissage du vocabulaire par thèmes, exploration des structures grammaticales, des connecteurs... Ces exercices sont aussi source de débats entre les enfants, de mise en mots de leurs pensées. Les objectifs de ces ateliers sont multiples. Les élèves en rajoutent même en les utilisant entre eux lors d’ateliers libres.

Des ateliers parents-enfants pour se dire

Ces apprentissages sont évalués régulièrement grâce à des grilles de situations langagières construites par les enseignantes. Pour les enfants repérés, l’école, avec l’aval de l’Inspecteur, organise des ateliers parents-enfants pendant le temps de l’aide personnalisée, tous les vendredis soirs. Une même famille ne suit jamais plus de 5 séances. La médiation s’organise autour d’un album lu par l’enseignante et ensuite raconté par l’enfant. S’instaurent alors des échanges entre l’enfant, sa famille et l’école. Ce travail se poursuit à la maison, il est valorisé et donne tout son sens à l’entrée dans l’écrit. Le discours des parents sur l’école change, tant ils sont reconnaissants à l’école de les « doter » de ce pouvoir-là sur l’écrit et sur leur enfant. Pourtant, comme le dit Françoise, « on ne fait rien d’extraordinaire, on démontre simplement que c’est possible sans dire ce qu’il faut faire, même si on garde toujours à l’esprit notre objectif langagier ».

Pari réussi ? Cette année, peut-être... Car Françoise est inquiète. L’an prochain, les classes seront transférées sur décision de la mairie vers de plus grosses écoles. Que restera-t-il alors de ce fonctionnement d’une école à taille humaine qui lui permet, à elle et à ses collègues, de travailler collectivement et assidûment le langage en classe, dans l’école et avec les familles, afin de tenter de réduire les écarts de développement des enfants ?

 

15 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp-FSU Charente- Maison des Syndicats -10, rue Chicoutimi -16000 Angoulême

- Tél : 05 45 95 48 09
- tél. portable : 06 74 13 47 44
- fax : 05 45 93 26 18
- Mail : snu16@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU Charente (16), tous droits réservés.