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5 février 2012

LANGUES VIVANTES

A l’occasion du Salon Expolangues, le ministère devait faire des propositions concernant l’enseignement des langues, de la maternelle au baccalauréat, sur la base du rapport du « comité stratégique pour les langues ». Des réponses peut-être la semaine prochaine.

Le ministère s’y était engagé en avril 2011 avec la mise en place d’un « comité stratégique pour les langues ». Le ministre l’avait confirmé le 11 janvier lors de ses voeux à la presse : " je présenterai au Salon Expolangues (1) les mesures que je souhaite mettre en oeuvre" sur la base des recommandations de ce comité. Celui-ci avait « pour objectif de formuler des propositions concrètes visant à refondre l’enseignement des langues en France de la maternelle au baccalauréat », « en vue de propositions à la rentrée 2012 ». En préliminaire, le ministre avait évoqué dès janvier la création d’outils quasiment "révolutionnaires" par le CNED, dans le domaine de l’enseignement à distance : élaboré pour un public de "3 à 99 ans", ce site sera gratuit pour les plus jeunes et permettra à tous de se perfectionner à l’école comme à la maison. Les autres mesures éventuelles seront donc annoncées la semaine prochaine en même temps que le rapport du comité sera rendu public. Mais on le sait déjà : tout se fera à moyens constants, voire avec moins puisqu’aujourd’hui les emplois d’intervenants en langues étrangères disparaissent de la carte scolaire. L’introduction de l’enseignement des langues à l’école primaire s’est faite à marche forcée, et si la couverture de cet enseignement est à peu près assurée, la question d’une amélioration de la qualité de cet enseignement doit aussi être posée.

La situation aujourd’hui à l’école primaire

Aujourd’hui l’enseignement des langues vivantes est assuré à plus de 99 % en CE2, CM1 et CM2. Pour le cycle 2, les situations sont disparates. Au CE1, plus de la moitié des élèves en bénéficient, mais avec des écarts entre les académies qui allaient, en 2010-2011, de 56 % (Versailles) à plus de 99 % ( Aix-Marseille, Dijon). Pour le CP, les variations sont encore plus étendues. Cependant en terme de bilan, on observe une généralisation très rapide sur un plan quantitatif. Mais qu’en est-il de la qualité de cet enseignement et des pratiques en classe ? Les objectifs fixés par les programmes actuels sont très ambitieux avec des exigences qui entrent en contradiction avec la réalité des écoles à plusieurs niveaux. Il y a d’abord l’entrée indécise de cet enseignement dans les écoles élémentaires : simple initiation (1989), puis sensibilisation (1995), puis apprentissage (1998), enfin maîtrise de compétences conformes au cadre de références européen (2008).

Mais surtout la question qui se pose est celle de la formation des professeurs des écoles, d’autant que le recours à d’autres personnels plus qualifiés est en train de disparaître. Ainsi si des enseignants du second degré intervenaient dans 2,9 % des cas en 2009-2010, ils ne représentaient plus que 1,27% en 2010-11. De même pour les intervenants langues et assistants étrangers passés de 5,6 % à 3,22 % sur la même période. Ces derniers sont appelés à disparaître à la rentrée 2012 avec la suppression de 853 emplois « équivalents temps plein », selon un pointage des mesures de carte scolaire effectué début février par le SNUipp.

Formation et réflexion nécessaires pour cet enseignement

Parallèlement les enseignants des classes sont loin d’avoir eu les formations nécessaires, tant initiale que continue. Il s’agit le plus souvent d’une « habilitation » très formelle, voire automatique. La multiplication d’outils notamment numériques, même s’ils sont performants, ne peut se substituer à une formation didactique et pédagogique. Aujourd’hui les professeurs des écoles sont donc présumés formés et, en 2010-11, ils assuraient à 95,51 % l’enseignement des langues.

On devrait plutôt dire l’enseignement de l’anglais puisque cette langue prend maintenant une part dépassant les 90 % ! Excepté l’allemand qui se maintient avec une part de 7,27 % en 2010-11 (contre 7,7 % en 2009-10), l’espagnol tend à disparaître (1,47 % contre 2,4 % précédemment), comme l’italien (0,7% contre 0,9%). Quant aux autres langues, elles s’effacent à 0,04 %... Ce monopole de la langue anglaise pose problème en regard de la richesse reconnue de la diversité des langues, de l’importance qu’il pourrait y avoir, pour un certain nombre d’élèves, de maîtriser aussi leur langue d’origine (bilinguisme) ou encore d’un point de vue pédagogique quant à une approche précoce plutôt fondée sur le multilinguisme.

 

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