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15 janvier 2012

« Anticiper sur ce que pensent les élèves »

Bernard Rey est titulaire de la chaire internationale en éducation à l’Université Libre de Bruxelles, a longtemps enseigné en école normale et en IUFM. Auteur de « Faire la classe à l’école élémentaire » ESF, 2010

En quoi consiste pour un enseignant le travail de préparation de classe et à quoi sert-il ?

Il est indispensable qu’il y ait un moment de préparation et ceci pour tous les enseignants même chevronnés. Cette préparation doit s’envisager à plusieurs échelons. Il y a d’abord un élément qui concerne la progression annuelle pour chaque discipline d’apprentissage. C’est un travail important qui commence avant le début de l’année scolaire. Il y a ensuite une préparation moyenne pour le mois, la semaine qui vient ou pour une unité d’apprentissage et enfin une préparation journalière qui envisage le déroulement d’une séquence précise comme une leçon de géométrie par exemple. Pendant la journée d’école,l’enseignant a énormément de choses à gérer : conduire sa classe, gérer le temps, ramener les élèves à la tâche,faire attention aux difficultés éventuelles...Il ne peut pas en même temps réfléchir à ce qu’il va faire dans le quart d’heure suivant et ceci doit être pensé à l’avance.

Quels sont les éléments essentiels à intégrer dans la préparation de classe

 ?

Il faut déjà que l’enseignant se mette au clair avec le savoir. Ceci même pour les contenus de l’école primaire qui peuvent être d’autant plus compliqués qu’on les considère comme évidents. Généralement, ça passe pour l’enseignant par la consultation de manuels, de préférence plusieurs manuels. Deuxième élément indispensable : anticiper sur ce que pensent les élèves. Ceux-ci ont sur la plupart des sujets abordés des représentations préalables, souvent fausses, qui font obstacle à la construction des savoirs. Les enseignants chevronnés connaissent ces pré-conceptions mais les jeunes enseignants doivent s’en préoccuper en demandant aux élèves les idées qu’ils se font sur les notions à aborder. Dans la préparation, il faut prévoir une situation qui révèle aux élèves de manière aussi spectaculaire que possible qu’un certain nombre de leurs idées préalables sont fausses. Mettre en place ce type de situation-problème est parfois très difficile dans certains domaines mais, a minima, l’enseignant doit préparer ce que j’appellerais un moment de « mise en étonnement » pour que les élèves mesurent l’écart entre le savoir et la pensée courante. C’est ce côté surprenant qui fait « la saveur du savoir * » et qui suscite l’intérêt et la motivation des élèves. Troisième élément fondamental : réfléchir au sens de l’activité pour les élèves. De nombreux élèves sont en échec à l’école à cause d’un malentendu sur les contenus d’apprentissages. Quand le maître veut leur faire reconnaître des pronoms, certains n’y voient qu’une activité consistant à souligner bien droit dans la bonne couleur par exemple. L’enseignant doit prévoir des moments où il sollicitera les élèves pour les interroger sur la nature de la tâche qu’ils effectuent.

Quel temps consacrer à la préparation de classe ?

C’est une difficulté. Un enseignant en début de carrière va dépasser très largement les 40 heures par semaine,il a presque une heure de préparation pour une heure de leçon. S’ajoute le temps consacré à la correction, lui aussi très important pour adapter son enseignement. Sans compter la dimension de préparation matérielle dans certaines activités comme les sciences. Il ne faut pas laisser dire qu’un enseignant ne travaille que 27heures par semaine ou 9 mois de l’année sur 12. Pour avancer sur cette question, la meilleure voie me semble de détailler et de mieux faire connaître les tâches de préparation à l’opinion publique et aux responsables.

Comment former les enseignants à préparer leur classe ?

Il serait indispensable que dans leur formation, les stagiaires soient accompagnés dans leur préparation de classe. Difficile de trouver le temps pour cet accompagnement au regard de la disponibilité des formateurs. L’écroulement actuel de la formation initiale ne rend pas optimiste mais les choses peuvent et doivent changer. L’ampleur que prennent les démarches d’évaluation avec la mise en place du socle commun ne doit pas occulter la façon dont les enseignants doivent s’y prendre pour construire les apprentissages chez leurs élèves.

 

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