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7 septembre 2011

Tout est bien, tout va bien, tout va pour le mieux qu’il soit possible… (Candide, Voltaire)

Conçue en 2008 par Xavier Darcos, alors ministre de l’Education (qui le même Xavier Darcos assurait en 2009 que les concours ne seraient jamais supprimés), la réforme de la formation des maîtres a été acté par le gouvernement et mise en application dès la rentrée 2010.

Cette réforme est vivement contestée et des voix s’élèvent de tous bords pour en contester le bien fondé : syndicats d’enseignants, personnels des IUFM et des universités, parents d’élèves, tous dénonçaient cette opération dont le véritable but était d’économiser une année de stagiaire. La rentrée de septembre 2010 a donc été le baptême du feu des lauréats au concours. Les professeurs des écoles stagiaires ont essuyé les plâtres du nouveau dispositif.

L’analyse de l’enquête lancée par le SNUipp-FSU en mars 2011 montre que 8 professeurs des écoles stagiaires sur 10 jugent leur préparation au métier insuffisante.

La charge de travail (58,4%), le manque de préparation aux différents niveaux des classes (57,8%) et des retours en formation trop peu nombreux (37,4%) sont les 3 principales critiques émises par les professeurs stagiaires.

L’organisation de l’année de stagiaire est à revoir. Les professeurs stagiaires plébiscitent des modalités d’entrée dans le métier privilégiant la progressivité et l’alternance.

Hélas, l’organisation de la prochaine rentrée scolaire ne tient nullement compte des difficultés pointées tout au long de l’année transitoire. Le contenu de la circulaire organisant l’année 2011/2012 risque au contraire de dégrader encore une formation qu’il est pourtant urgent de remettre à plat. Exit les déclarations du chef de l’État du 19 janvier 2011, reconnaissant la nécessité de « remettre sur le chantier les éléments de formation » , (aveu tardif et sans suite, mais aveu quand même de l’indigence de la réforme) ; exit les remarques et les propositions de tous les acteurs de cette même formation ; exit les attentes exprimées par la grande majorité des stagiaires... le ministre de l’Éducation Nationale persiste dans le détricotage de la formation des enseignants et signe une circulaire qui « ne tire absolument pas les enseignements d’une première année vécue comme plutôt difficile et peu professionnalisante ». Pire, Les conditions de la rentrée et leur cortège de suppressions de postes, interdisent la possibilité d’effectuer la première période en binôme, dispositif pourtant plébiscité par les stagiaires. C’est à peine si ceux-ci bénéficieront fin août, de 2 journées de préparation à la prise de fonction, et d’un accompagnement dont les contours sont insuffisamment cadrés.

De plus, les lauréats du concours seront nommés dans une classe pour l’année dès septembre, indépendamment de leur parcours antérieur. Certains pourraient avoir la charge d’une classe en ayant seulement fait deux semaines de stages lors de la préparation du Master 2. D’autres pourraient encore ne jamais avoir bénéficié de stages auparavant. Faute de directive claire, chaque Inspecteur d’Académie décline à son gré et selon ses moyens, l’organisation de l’année. Avec des remplaçants qui risquent de manquer très rapidement dans les écoles, pourront-ils garantir aux stagiaires leurs douze semaines de formation au cours de l’année ? La suppression de postes de formateurs à la rentrée risque également d’aggraver cette situation. Inutile de se cacher derrière son petit doigt, si la circulaire laisse entendre que la formation sera suffisante, à l’épreuve du réel, il n’en sera rien. Les stagiaires devront entrer dans un métier complexe sans en connaître les ressorts et les leviers essentiels. Il est urgent de sortir du bricolage.

La suppression du concours, une vraie mauvaise idée

Un rapport parlementaire propose la suppression des concours et le recrutement de titulaires du Master directement par les chefs d’établissements ou les recteurs. Une mesure qui ferait glisser l’école dans l’ère du clientélisme et de la concurrence. Même pas deux ans et déjà du plomb dans l’aile. La réforme de la formation professionnelle dont les modalités ont été dénoncées par les organisations professionnelles depuis le début est aujourd’hui mise en cause par ceux-là même qui l’avaient adoptée, les députés de la majorité gouvernementale. Une mission d’information de l’Assemblée nationale a en effet présenté un rapport mercredi 29 juin, rapport adopté par les seuls députés de l’UMP, dans lequel 20 mesures pour réformer le système de formation sont avancées. Pour le SNUipp, c’est en tout cas « la preuve que dans son contenu la réforme de la formation n’était pas convenable ».

La suppression du concours :

"A terme, remplacer le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter sur la base d’un entretien professionnel les enseignants" ; telle est la proposition la plus fortement décriée parmi toutes celles qui ont été formulées. Pour le SNUipp, l’urgence n’est pas dans la modification du mode de recrutement, mais au retour vers un système de formation organisé avec des stages et de la formation professionnelle et non plus avec une mise en responsabilité devant classe quasi immédiate. De sérieux risques de dérives.

Cependant, le syndicat note aussi que la suppression du concours ouvrirait la porte à bien des dérives. Un recrutement dépendant du bon vouloir des hiérarchies locales mais surtout, qui ne garantirait pas au contraire du concours, une égalité de compétences, notamment didactiques et pédagogiques, entre les enseignants sur tout le territoire. Ce système ferait aussi peser le risque d’une mise en concurrence entre écoles pour le primaire ou établissements pour le secondaire.

Concours PE : 2 000 postes de plus que prévu en 2012

Selon le ministre de l’Education nationale, ce ne sont plus 3000 mais 5000 postes qui seront ouverts au concours pour 2012. Un plus qui ne compensera pas tous les départs à la retraite prévus en juillet 2012 (plus de 9000). Grâce à la mobilisation la situation évolue mais l’heure n’est pas au relâchement.

 

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