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6 septembre 2011

Une éducation sans nom : l’Education prioritaire d’hier

Lorsque l’idée d’une politique d’Education Prioritaire apparait en 1981, elle est centrée sur des territoires considérés en déshérence, au service des enseignants et des établissements, en partenariats avec les familles, les collectivités locales et les autres institutions de proximité. Depuis 2010, une nouvelle approche est en vigueur, beaucoup plus idéologique et directement inspirée par le président de la République. Il s’agit cette fois de s’intéresser avant tout aux élèves méritants d’origine urbaine modeste qu’il s’agit d’exfiltrer de leurs quartiers et de leurs établissements laissés à l’abandon au moyen de nouveaux dispositifs : carte scolaire assouplie, internats d’excellence ruineux et inéquitables, cordées de la réussite dédouanant à bon compte les grandes écoles …

Depuis 1981 on parlait de zones, ZEP, terme qui résonnait avec des douleurs du 20ème siècle : zone occupée et zone libre. Zones où on occupe les enfants et jeunes qui pourraient être dérangeants et zone où sont libres d’innover les enseignants.

Alors pour éviter la stigmatisation, la référence historique, on a inventé les réseaux (RRS, réseaux de réussite scolaire et RAR, réseau Ambition réussite). Avec, en Charente comme ailleurs, quelques petites économies à la clef puisque certaines écoles se sont vues intégrées en réseau sans les avantages salariaux et que les coordinations se sont vues amputées de 3/8.

En 2011, plus de zone, plus de réseau, plus de nom. Un « dispositif », ECLAIR, qui ne se prononce pas devant des parents d’élèves, ni en réunion partenariale, ni même en soirée entre amis ! Trop cocasse et complètement déconnecté des phénoménaux besoins d’une véritable politique d’éducation prioritaire, visant à la réussite de tous et non pas seulement à l’écrémage de quelques uns.

Cette dé-nomination est bel et bien une attaque des trois niveaux d’action de feu l’Education prioritaire : le territoire, l’établissement et l’élève. Le territoire n’est plus reconnu comme soutenu par la nation et les inégalités liées aux choix budgétaires locaux vont donc s’aggraver, que ce soit pour l’entretien, les équipements des établissements mais aussi l’accompagnement des choix pédagogiques des équipes. Les personnels des établissements sont mis en concurrence quotidienne par des suggestions d’heures supplémentaires, de primes, de postes à profil loin de compenser l’usure liée aux conditions quotidiennes mais surtout au besoin de réinventer chaque année ce qui existe déjà ici et ailleurs. L’Education nationale se désintéresse complètement de la mémoire, de la diffusion, de la recherche concernant les pratiques pédagogiques pour lesquelles les ZEP sont de véritables laboratoires.

Oui, toutes nos écoles de quartiers, qu’ils soient urbains ou ruraux, ont besoin d’une vraie reconnaissance parce que ses équipes et les partenaires ne renoncent pas à l’Education comme priorité. Certaines ont besoin d’un peu plus parce que les déshérences constatées en 1981 ne se sont pas améliorées ou se sont déplacées. L’état ne peut pas abandonner ses enfants et ses personnels éducatifs dans un néant sans nom : Le Snuipp s’engage à défendre les conditions d’une véritable Education Prioritaire.

Catherine Lavauzelle

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