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8 septembre 2011

Projet pour une école égalitariste

Pour une éducation égalitaire : de la mixité à l’égalité

Depuis les années 1980, les sciences de l’éducation s’intéressent à la mixité scolaire, décidée dans les années 1970 pour des raisons purement économiques : une plus grande réussite scolaire des filles malgré un plafond de verre existant dans le monde professionnel est constatée ainsi que des attitudes différenciées des enseignant-e-s vis-à-vis de chaque sexe -comportements très souvent involontaires-.

Le Ministère de l’Education a intégré cette recherche, décrétant une politique égalitaire à partir de l’année 2000 (voir textes de référence ci-contre) : est pointée du doigt l’intériorisation par les enfants des stéréotypes attribués à chaque sexe, notamment sur leurs compétences et leur orientation professionnelle. Ces textes sont pourtant méconnus de la majorité des enseignants, peu mis en avant par le ministère mais pris en compte par des personnes déjà sensibilisées. La tenue du colloque en novembre 2010 à Toulouse sur « Former des enseignant-e-s à l’égalité filles-garçons » a révélé des disparités régionales au sein des formations des enseignant-e-s malgré un domaine de recherche productif.

L’égalité des chances implique pourtant une égalité de traitement des sexes au sein de cette mini-société qu’est la classe, en interrogeant et bousculant les stéréotypes et les représentations à l’œuvre en dehors et dans l’école.

Pour une remise en cause des stéréotypes

Les enseignant-e-s ont à lutter d’abord contre les stéréotypes présents dans notre société, amplifiés par le marketing et la publicité : aux filles le rose, jeux ménagers et univers tourné vers l’intérieur (sentiments etc.), aux garçons le bleu, couleurs sombres et jeux tournés vers l’extérieur (guerre, aventure). Sont ainsi véhiculées des assignations pour chaque sexe. Au-delà des jouets, des jeux, des vêtements qui marquent le genre (soit la construction de la féminité et de la masculinité), c’est bien un univers que l’on attribue à chaque sexe ainsi que des qualités et des compétences (douceur, dialogue, soin des autres pour les filles ; force, courage, ambition pour les garçons). A ce titre, la violence des garçons est naturalisée, excusée - « c’est un garçon ! »- alors que celle des filles est beaucoup moins tolérée. On attend d’elles une attitude sage, obéissante -voire soumise !-.

Il s’agit d’une naturalisation de caractères, de compétences qui n’ont pourtant rien de naturels : ils sont construits et cela commence avant même la naissance (de la couleur du body et de la chambre jusqu’à l’attribution de sentiments et d’émotions). Des tests (Condry et Condry, 1976) faits auprès d’étudiants à partir de vidéos de bébés en pleurs soulignent les préjugés existant sur les enfants de sexe masculin ou féminin. Le même enfant suscite des commentaires différents selon qu’il est dit de lui que c’est un garçon ou une fille : « il est en colère » ou « elle a peur »- . Télévision, chansons, livres : cet environnement sexué est répété, reproduit sans jamais être remis en cause. Les enfants sont donc fortement incités à choisir des domaines et des rôles prédéfinis dans la société, difficiles à transgresser sans être montré-e-s du doigt.

L’homophobie dans nos écoles

« Chochotte », « pédé », « pédale », « fillette », ces mots qu’on entend parfois dans les cours de récréation nous rappellent que pour insulter un garçon, il n’est rien de plus efficace que de le traiter de fille ou d’homosexuel … L’homophobie est une déclinaison du sexisme : on « rabaisse » les garçons pas assez « virils » au statut de filles supposées fragiles, passives et pleurnichardes, selon le stéréotype. Être traitée de « garçon manqué » pour une fille révèle bien l’échelle de valeur implicite : celle qui ne se laisse pas faire autant physiquement que verbalement atteint presque le niveau « supérieur », actif, du garçon. Précisons que l’homophobie désigne, étymologiquement, la haine des homosexuel-le-s : des gays (gayphobie) , des lesbiennes (lesbophobie). Ce terme est parfois remplacé par les LGBT-phobies qui est plus large : il s’agit de la haine des Lesbiennes, des Gays, des Bisexuel-le-s et des Transgenres. Il y a plusieurs formes d’homophobie : celle, violente, qui s’exprime sous la forme de discriminations -exclusion, violences verbale ou physique, harcèlement– mais aussi celle plus discrète qui invisibilise ces différentes identités de genre et orientations sexuelles.

Pour lutter contre le sexisme et l’homophobie ordinaires : en parler !

Notre école est à l’image de la société, hétéronormée : la grande majorité des lectures que nous offrons à nos élèves parlent d’hétérosexualité. Le jeune enfant comprend très vite que non seulement pour avoir des enfants, un homme et une femme sont indispensables mais aussi que le sentiment amoureux entre deux personnes n’existe qu’entre personnes de sexe différent.

Or, on estime que 10 % de la population est homosexuelle : à l’échelle de la classe, 2 ou 3 enfants n’auront peut-être pas la même orientation amoureuse que les autres. Ils ne peuvent pourtant pas se reconnaître dans le modèle donné quotidiennement dans la classe. On n’en parle pas : est-ce honteux comme certains le disent, « pas normal » ? On voit bien le lien entre des données estimant le risque de faire une tentative de suicide pour les jeunes gays 4 à 7 fois plus grand que chez les jeunes hétérosexuels - et pour les jeunes lesbiennes un risque accru de 40% (étude américaine) - et l’intériorisation de cette homophobie ordinaire. La société change : les familles homoparentales existent. Des élèves n’ont donc pas le même cadre familial que certains – et il en est de même pour les familles recomposées -. Pour que la vie de ces enfants soir reconnue et acceptée par tous et par eux-mêmes, il existe des activités, des livres qui permettent aux enfants de parler, de prendre conscience qu’il n’y pas qu’un seul modèle d’amour et de famille (voir « Pour en savoir plus »).

Si le Ministère de l’éducation entend lutter contre toutes les discriminations et violences –dont celles homophobes et sexistes– depuis 2003, il refuse les propositions qui existent au niveau de l’école primaire (le film Le baiser de la Lune n’ a pas été soutenu par le ministre malgré la priorité affirmée à la rentrée 2009). Or, les stéréotypes de genre sont intégrés dès le plus jeune âge (2-3 ans ; Thomson, 1975, Weinraub & al.,1984).

La FSU et le SNUipp travaillent à approfondir la réflexion sur les mécanismes d’exclusion et de rejet, et et à promouvoir la diversité, notamment par le biais de l’éducation, à travers des journées de formation ouvertes à tous et à toutes. La FSU était présente au mois de juin dans les Marches de fierté pour affirmer sa lutte contre les discriminations et le SNUipp a d’ailleurs mis en place une commission nationale de lutte contre l’homophobie.

Karine Dorvaux

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Textes de référence :

- Egalité filles/garçons

BO n°5 du 1er février 2007 : Convention pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, dans le système éducatif (convention du 29 juin 2006) BO n°10 du 2 novembre 2000 : BO spécial : de la mixité à l’égalité
- Lutte contre l’homophobie Circulaire de rentrée B.O. n°21 du 21/05/2009 : parmi les 15 priorités de la rentrée 2009, la lutte contre les violences et les discriminations Circulaire n°2003-027 du 17-2-2003 L’éducation à la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées

Pour en savoir plus :

- Les suppléments de Fenêtres sur cours d’octobre 2002 (http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/doc-130.pdf « Tous les garçons et les filles ... ») et d’octobre 2009 (http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/09-10-20-12pages-lgbt-couleurL.pdf « Ensemble contre les discriminations » ) et celui de nos collègues du Lot et Garonne (Mylène Denizot) http://47.snuipp.fr/IMG/pdf/Dossier_Egalite_Femmes-Hommes_Avril_2011.pdf

- Les Cahiers pédagogiques de janvier 2011, http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php ?article7268

- Sur le site du ministère Eduscol : http://eduscol.education.fr/cid47788/-egalite-filles-garcons-a-l-ecole%C2%A0-quelles-realites%C2%A0-quelles-perspectives%C2%A0-actes-du-seminaire-national-du-28-mars-2008.html (actes de séminaire, 2008) et http://eduscol.education.fr/cid50566/lutter-contre-l-homophobie.html

- Une liste d’albums pour aborder l’égalité filles/garçons (CDDP de la Drôme) http://www.crdp.ac-grenoble.fr/cddp26/egalite_fille_garcon/

- Des activités sur l’égalité filles/garçons : 50 activités pour l’égalité filles/garçons à l’école (CRDP Midi-Pyrénées., auteures : Virginie Hoadec et Michelle Babillot) http://www.crdp-toulouse.fr/spip.php ?article15070

 

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