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24 septembre 2009

Rapport de l’inspection générale sur la mise en oeuvre de la réforme de l’enseignement primaire

Saviez-vous que vous grignotez du temps scolaire lorsque vous organisez une sortie pédagogique ? A bon entendeur, salut ! Dans un rapport conjoint rédigé par Philippe Claus (IGEN) et Odile Roze (IGAENR), on apprend que "L’année scolaire 2008-2009 a été une année exceptionnelle de réforme de l’enseignement primaire, tant par le nombre des mesures nouvelles que par leur diversité"... A lire ce rapport, nous serions tous d’une docilité exemplaire, et nous aurions tous parfaitement assimilé les bienfaits des belles réformes faites par le gouvernement ! C’est chouette l’optimisme. A LIRE ABSOLUMENT, c’est gratuit, c’est sur le site officiel du ministère, c’est sérieux. L’eau est calme en surface et pourtant elle finira par déborder. Mesdames et messieurs du ministère nous vous remercions sincèrement pour ce phénoménal travail de décryptage de vos intentions.

Troisième note de synthèse sur la mise en oeuvre de la réforme de l’enseignement primaire

Après Luc Ferry qui expliquait tranquillement à la radio que la suppression du samedi matin travaillé dans les écoles et sa transformation en deux heures hebdomadaires d’aides personnalisées avaient pour objectif de supprimer des milliers de postes de RASED, c’est le tour d’Odile Roze (qui a exercé comme I.A. en Seine Saint Denis entre mai 1998 et janvier 1999 à l’époque du ministre Allègre et de la charte du 21ème siècle) et de Philippe Claus de nous dévoiler ce que nous avions un peu compris quand même... Voilà le menu :

• passage à la semaine de 4 jours et demi avec le mercredi matin travaillé avec les élèves

• pilotage du système éducatif par les résultats

• individualisation du service des enseignants

• montée en puissance de l’individualisation des carrières

• recours systématique aux heures supplémentaires

• postes à profil

• mise en place des EPEP

Morceaux choisis et laissés sans commentaires à l’appréciation du lecteur :

• La stratégie de l’évolution souhaitable :

L’évolution souhaitable de la situation n’est pas dans le retour au samedi matin, que personne ne revendique, mais dans la scolarisation du mercredi matin, en vue d’alléger la journée de travail scolaire dans une semaine rééquilibrée. La mission partage le scepticisme de l’encadrement sur une évolution spontanée : on ne peut attendre des conseils d’école qu’ils proposent des calendriers territorialement harmonisés, des maires qu’ils augmentent le budget de fonctionnement des écoles, des conseils généraux qu’ils financent plus de jours de transport scolaire. En revanche, la position de l’encadrement, rejoint par certains enseignants, sur la stratégie du changement est plus nettement formulée : celle-ci relève de l’autorité ministérielle, qui doit fixer le cap, prendre le temps de la concertation avec les collectivités territoriales pour définir les délais nécessaires à la réorganisation des activités et des services.

Dans l’immédiat, il est indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et qui font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages, en prenant des mesures de restriction des empiètements tolérés, et parfois encouragés, sur le temps scolaire, en revoyant et limitant les agréments et autorisations.

Il est rappelé que les inspecteurs généraux, majoritairement favorables à la scolarisation du mercredi matin, avaient également recommandé la suppression de la procédure de dérogation, de façon à mettre la scolarisation sur neuf demi-journées à égalité de « statut » avec la semaine de quatre jours. Par ailleurs, ils avaient suggéré qu’il soit possible d’augmenter le temps hebdomadaire obligatoire pour y intégrer la prise en compte de particularités locales.

• L’utilisation des évaluations pour le pilotage : Dans quelques départements, il est question de demander aux écoles des objectifs chiffrés d’amélioration des résultats (à l’instar des objectifs des contrats d’objectifs dans les EPLE). Il est déjà acquis que les résultats des évaluations sont intégrés dans le dialogue de gestion que les inspecteurs d’académie ont avec les IEN

• La relation entre l’encadrement et les enseignants : Toutes les réformes mises en place cette année comportent par elles-mêmes de profondes modifications dans la définition du service des enseignants et des avancées impensables il y a peu, telles que l’individualisation du service, la différenciation des activités du service obligatoire, la possibilité de faire des heures supplémentaires pour le compte de l’Etat.

Le suivi du service dû par les enseignants est devenu une nécessité en raison de la diversité des temps qui y sont inclus : temps de service d’enseignement, heures d’aide personnalisée, temps de concertation, temps de formation, temps de dialogue avec les parents. Parallèlement, l’individualisation de l’affectation progresse dans le cadre de la réforme du mouvement des enseignants : par l’augmentation des postes à profil (par exemple sur la direction d’écoles de dix classes et plus), par l’affectation des enseignants néo-titulaires sur des postes « protégés », par la communication personnalisée des résultats du mouvement. La réorganisation des RASED a vu se multiplier les entretiens individuels avec les enseignants appelés à prendre un poste sédentarisé en classe ou en surnombre. L’hostilité de principe des représentants du personnel à ces réformes dans le domaine de la gestion, comme aux réformes dans le domaine de l’enseignement et de l’évaluation, a produit beaucoup de désinformation et de méfiance, ce qui au final affaiblit leur position car ils n’ont pas été suivis par les enseignants.

• Le statut de l’école : La création de l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP) donnerait aux inspecteurs un relais au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration et elle leur permettrait de retrouver du temps pour le pilotage pédagogique et l’encadrement personnalisé des enseignants. Des inspecteurs, constatant que le temps disponible pour les inspections se réduit, sont en attente de la création d’EPEP dans leur circonscription ; des projets sont préparés, en lien notamment avec des créations de RPC dans les zones rurales.

 

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