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  • Réforme des retraites Réforme du métier d’enseignant
16 décembre 2019

Réforme des retraites Réforme du métier d’enseignant

Revue de presse et autres éléments d’informations...

Revue de presse et autres éléments d’informations...

Réforme des retraites Réforme du métier d’enseignant

Comment le gouvernement veut réformer le travail enseignant  in "le Café Pédagogique"

"Le temps doit nous donner l’ambition de repenser la carrière des enseignants et l’organisation du travail", a déclaré E Philippe le 11 décembre en présentant son projet de réforme des retraites. Les livres du ministre, une série de rapports gouvernementaux ou parlementaires ont déjà défini le cadre de ce nouveau (futur ?) métier. Déjà une grande partie du travail est fait....

On arrive maintenant au moment où le gouvernement pousse les dernières pièces et où les yeux s’ouvrent...

"Le passage au nouveau système (de retraite) pour le corps enseignant ne peut aller qu’avec une transformation de la carrière. Il faudra repenser la carrière dans toutes ses composantes.. Il faut repenser la carrière. Il faut arriver à ce que la carrière progresse davantage. Comme on paye mieux on change le temps de travail (des enseignants) pour accompagner les jeunes différemment.. On regarde les vacances. Et on valorise la carrière de directeur". E Macron

En 2015 déjà, la Cour des comptes, dans son rapport sur "le suivi individualisé des élèves" demande l’annualisation du temps de travail des enseignants. Elle permet d’économiser instantanément au moins 10% des postes d’enseignants Une autre modalité c’est de modifier les obligations de service (ORS). La Cour des comptes l’a proposé à plusieurs reprises dès 2010 où elle demande que ces ORS comprennent "la diversité des missions" comme l’accompagnement des élèves et l’orientation. Aujourd’hui le temps de travail des enseignants est défini comme pour les autres fonctionnaires par une référence à 1607 heures annuelles. G Longuet en 2016 estimait que les certifiés devaient 1296 heures devant élèves soit 36 heures hebdomadaires d’enseignement ou d’encadrement .

Dans le rapport des sénateurs Brisson, inspecteur général si proche de JM Blanquer, et Laborde de 2018 apparaissait l’annualisation, les 2 heures supplémentaires obligatoires, les 5 jours de formation sur congé, tout cela bien avant la loi Blanquer. Un décret d’application publié le 8 septembre 2019 permet d’imposer une semaine de formation continue sur le temps des vacances. " Dès lors qu’elles sont réalisées à l’initiative de l’autorité compétente, ces actions de formation n’excèdent pas, pour une année scolaire donnée, cinq jours lors des périodes de vacance de classes.

Le rapport "Cap 22", officiellement dénommé : "Service public : se réinventer pour mieux servir" remis en juillet 2017 à Edouard Philippe. Il a été rédigé par des personnalités connues pour être proches du président comme Philippe Aghion, Jean Pisani-Ferry ou Laurent Bigorgne, le directeur de l’Institut Montaigne. Il fixe comme objectif la réduction de la dépense publique qui, pour les auteurs, "n’est pas soutenable", il veut ’"refonder l’administration" en préconisant "un changement dans la gouvernance publique" avec des managers "intéressés aux économies". Les économies reposent essentiellement sur les fonctionnaires c’est à dire d’abord sur les enseignants , qui représentent la moitié de la fonction publique d’Etat.

La première recommandation du rapport c’est de passer "d’un pilotage des effectifs (plafond et schéma d’emploi) à un pilotage par la masse salariale". ...En clair les chefs de service, comme les chefs d’établissement, doivent devenir des managers pouvant recruter et décidant de la paye. Pour cela il faut en finir avec le paritarisme et le rapport recommande "de supprimer les commissions administratives paritaires (CAP) mobilité et promotion actuelles...

Le rapport invite à "responsabiliser davantage les chefs d’établissement notamment en leur donnant plus de marges de manoeuvre pour constituer leur équipe pédagogique". Il leur promet "un déroulement de carrière plus attractif afin qu’ils jouent pleinement leur rôle de manager".

La principale réforme consiste à créer un nouveau corps d’enseignants. L’objectif est "d’augmenter le temps d’enseignement des enseignants du secondaire actuels avec un recours à deux heures supplémentaires, ce qui conduira à améliorer leurs rémunérations, et créer pour cela un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui de professeur certifié. Pour ce nouveau corps, que les enseignants pourraient rejoindre sur la base du volontariat, le temps d’enseignement serait supérieur à celui des professeurs certifiés mais la rémunération serait également supérieure... Ce corps serait soumis à des obligations supplémentaires (bivalence, annualisation d’une partie du temps d’enseignement, obligation de remplacement dans l’intérêt du service) qui offriraient plus de souplesse aux chefs d’établissement" Ce nouveau corps nous le voyons se dessiner : ce sont les enseignants nés après 1975. Ceux à qui on va proposer de travailler plus et autrement pour mériter leur retraite. Pour JM Blanquer, si proche de l’Institut Montaigne, c’est l’heure H. Il manquait juste l’occasion politique d’imposer cette réforme de fond. Elle arrive avec le nouveau régime de retraite. Et on comprend mieux la détermination gouvernementale.

Le nouveau métier enseignant 

in "le Café Pédagogique"

"On va avoir l’occasion de mettre à plat ce qui est fait par les professeurs". Le ministre a donné en exemples l’accompagnement personnalisé des élèves ou les corrections de copies. Ces dernières n’entrent pas aujourd’hui dans la définition du temps de travail des enseignants. Demain elles pourraient l’être. Pour JM Blanquer le moment est venu de faire évoluer "le rôle du professeur". C’est l’idée du "professeur du 21ème siècle".

E Philippe lâche une piste pour illustrer le nouveau métier. "Aujourd’hui on a le même service à 30 ans qu’à 60 ans. On pourrait demander un peu plus quand on est jeune et un peu moins quand on est moins jeune".

"Mais il est probable que les hausses seront des primes"...

On reste dans l’optique de primes liées à de nouvelles missions des enseignants. JM Blanquer parle de "personnalisation " du travail enseignant. On comprend l’embarras : modifier les grilles indiciaires des enseignants obligerait à faire évoluer aussi celles des corps comparables de la fonction publique... Le ministre s’explique sur les 5 jours de formation continue obligatoire pris sur les congés scolaires qu’un récent décret permet. "La formation continue est un élément décisif pour faire avancer le système scolaire", dit le ministre.

Retraite à 67 ans : le gouvernement anticipe

En plus d’une baisse programmée des pensions pour la plupart des salariés et fonctionnaires, avec la prise en compte de l’ensemble de la carrière pour déterminer le niveau des retraites, l’annonce de l’instauration d’un âge pivot à 64 ans a mis le feu aux poudres. Pourtant, pour l’exécutif, l’âge à atteindre pour faire valoir ses droits semble plutôt se situer autour de 67 ans à moyen terme.

Quelques exemples donnés par le ministère : Ainsi, Philippe : un salarié au SMIC commençant à travailler en 2025 à l’âge de 22 ans. Pour lui, le régime dit universel s’appliquera intégralement. Dans sa situation, le gouvernement prévoit tout simplement une durée de cotisation de 45 années comme indiqué sur la photo d’illustration en haut, au lieu de 43. Soit un départ à l’âge de 67 ans

En annexe du document, nous trouvons un nouveau cas type : celui d’Eric, salarié au revenu moyen, lui aussi âgé de 22 ans et commençant à travailler en 2025. Pour lui, il est précisé que « s’il part après 45 années de cotisations », il aura « une pension mensuelle brute d’environ 3 550 euros, contre environ 3 300 euros bruts dans le système actuel ». Tiens, encore 45 années de cotisations et l’âge de 67 ans comme âge de départ. Et de trois, avec l’exemple d’un infirmier libéral de 24 ans commençant à travailler en 2025. Pour lui encore, le calcul amène à un départ à 67 ans.

Retraite : cadeaux aux riches et déficit organisé  

Le nouveau régime spécial grosse paye. En effet dans la loi PACTE votée il y a quelques semaines, il y a du neuf. Ceux qui cotiseront pour une retraite dans une assurance privée pourront déduire de leurs impôts le montant de leurs cotisations.

Un deuxième cadeau qui sera donné après-demain quand les heureux cotisants arriveront à l’âge de payer leur pension. En effet il a décidé que les pensions acquises de cette façon seront dispensées d’impôt pour 70 % de leur montant.

Au-dessus d’un salaire annuel de 120 000 euros brut, la réforme « libère » 28.29% de cotisations qui ne seront plus versés au régime général. Total, le régime général de retraite perd 7 milliards d’euros tous les ans.

Sur ces 28.28% de cotisations sur le brut (qui font 7mds /an), 60% sont en fait des cotisations patronales et 40% seulement sont des cotisations salariales. Première conséquence : en ne payant plus ces cotisations, les cadres ne vont gagner que 11.3% (28.29 × 40%) en salaire net et encore moins en pouvoir d’achat puisqu’ils paient des impôts sur leur salaires. Après impôts, les cadres ne vont donc recevoir qu’environ 1,3 milliards à placer. Les « entreprises » de leur côté vont empocher 16.9 % du gain.

 

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