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SNUipp-FSU Charente (16)

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13 février 2014

Contre-rapport SNUipp-FSU sur les rythmes

Méthodologie d’enquête

Les enseignements de 2013 : du côté des élèves

- Conditions d’apprentissage

- Organisation des apprentissages

- Quand la pause méridienne est allongée

Les enseignements de 2013 : du côté des enseignants

- Conditions et temps de travail

- Quand la vie personnelle s’en ressent fortement

- Utilisation des locaux

- Quand ça marche ! Les raisons d’une réussite

- Incidences sur les interventions des personnels communaux sur le temps scolaire

Les enseignements de la préparation de 2014

- Les projets à venir, objet de concertation ?

- De nombreuses incertitudes demeurent

- L’Effet « grandes villes »

- L’Effet « petites villes »

- Quand les projets sont hors du cadre du décret

- Des villes qui ne prévoient pas de mettre en place la réforme

- L’Effet « maternelle »

- Des contingences bien loin de l’enfant

- Mercredi ? Samedi ?

- L’Institution (DASEN et IEN), soutien des municipalités plutôt que des enseignants

Les propositions du SNUipp-FSU

PDF - 592.5 ko
2014_02_12_contre_rapport_snuipp_rythmes

Les principaux enseignements

PDF - 233.2 ko
PREMIERS_ENSEIGNEMENTS

L’analyse du contre-rapport - les chiffres en Charente -

Pourquoi ce contre-rapport ?

En décembre dernier, nous avons été la seule organisation syndicale à de ne pas s’être associée au rapport d’étape du Comité de suivi national des rythmes remis au ministre. Ce rapport d’étape bien angélique et peu étayé de remontées des écoles, affirmait que le décret qui organise la mise en œuvre de la réforme n’avait pas à être revu. Au SNUipp-FSU, nous ne partageons pas ce point de vue.

Au Conseil Supérieur de l’Éducation, en janvier 2012, nous avions voté contre ce décret qui ne conjugue pas intérêt des élèves et des enseignants. Oui à une réforme des rythmes pour mettre fin à la semaine de 4 jours de Darcos, mais pas n’importe quelle réforme.

Pour l’heure, toutes les enquêtes ont été réalisées du point de vue des communes (AMF en novembre 2013, le ministère de l’Éducation en janvier 2014 sur des données récoltées par les DASEN). Et les enseignants dans tout cela ?

Le SNUipp-FSU a donc décidé de leur donner la parole. Ils sont des professionnels. Ils ont une expertise. Ce que nous appellerons donc le « contre-rapport des enseignants » livre des premiers éléments critiques des écoles passées aux nouveaux rythmes en 2013 et des premières tendances sur les conditions de préparation d’un éventuel passage à 2014.

Les enseignements de 2013 :

Du côté des élèves :

Conditions d’apprentissage

22% (25%)seulement des répondants estiment qu’elles sont plus satisfaisantes. Les autres pensent que ça ne change rien voire que cela se dégrade (75%).

Mais quand l’avis du conseil d’école a été suivi, ce sont 38 % (33%)d’entre eux qui estiment qu’elles sont plus satisfaisantes. Ils ne sont plus que 12 % quand l’avis du conseil d’école n’a pas été suivi.

Le climat scolaire (attention des élèves, ambiance, fatigue)

15,8% estiment qu’il y a une améliorations quand ils sont 84,2% qui ne constatent aucun effet ou une dégradation ( 73% )

Organisation des apprentissages

25,9 % seulement des enseignants considèrent que l’organisation de tous les domaines d’enseignement dans la journée et la semaine est plus satisfaisante (42% plus satisfaisant et un peu plus satisfaisant). Cela passe à 38 % ( 46% ) quand l’avis du conseil d’école a été suivi et cela tombe à 18 % (25%)quand il n’a pas été suivi

Cela peut être mis en regard avec le manque criant de formation des collègues. 96,7 % ( 100% )des enseignants déclarent n’avoir eu aucune formation pour aider à la (re)programmation des apprentissages dans le cadre des nouveaux rythmes, mais aussi du fait que les programmes de 2008 n’ont pas été revus.

​Cette réforme a été présentée par le ministère comme un levier important pour améliorer la réussite des élèves. Les conditions d’apprentissage constituent donc un critère essentiel à l’aune duquel les effets de cette réforme doivent être mesurés. On constate que sur ce point, les réponses des enseignants sont nuancées voire contrastées et ne font pas un lien mécanique entre modification des rythmes et meilleure réussite des élèves. Ils regrettent que souvent la réforme ait été concrètement appréhendée comme étant davantage celle du périscolaire que celle du scolaire. Des questions que les enseignants considèrent comme essentielles, à savoir celles qui concernent directement l’activité en classe, ont été occultées par des considérations organisationnelles ou financières pour mettre en place les activités hors temps de classe.

Du côté des enseignants

Conditions et temps de travail

75 % ( 68% )des collègues déclarent avoir des conditions de travail dégradées.

Lorsque l’avis du Conseil d’école a été suivi, 40 % (40%)des enseignants les trouvent inchangées voire améliorées mais 84 % (100%)les trouvent dégradées lorsqu’il n’a pas été pris en compte. Pour 62% (63%)des enseignants, le temps de travail a augmenté. La proportion passe à 67% (66%)lorsque l’avis du conseil d’école n’a pas été suivi.

86% (74%)des collègues trouvent que la réforme n’amène pas de possibilités supplémentaires de travailler en équipe voire, pour 30% (36%)d’entre eux, la situation se dégrade.

Si certains enseignants peuvent apprécier positivement l’allègement de la journée en temps passé devant élèves ou des temps de réunions placés plus tôt en journée, nombreux sont ceux soulignent l’aspect chronophage d’une nouvelle organisation qui demande un investissement en temps pour s’organiser avec les partenaires, assurer les transitions et le suivi de la réforme à l’échelle de l’école. Pour un nombre important, la sensation du temps après lequel on court est amplifiée par cette nouvelle organisation : ce sont surtout les temps d’animation pédagogique placés le mercredi après-midi ou en fin de journée qui sont pointés comme épuisants et inefficaces.

Utilisation des locaux

39% (16%)des enseignants voient l’utilisation de leur classe limitée par les activités péri-scolaires. Cela monte à 45% (33%)dans les agglomérations.

L’utilisation des installations sportives est aussi limitée pour un tiers (15,8%)des enseignants travaillant dans des agglomérations.

Si une question a peu été anticipée dans la mise en œuvre de la réforme, c’est bien celle de l’utilisation de la salle de classe. Dire qu’après tout, les enseignants n’ont qu’à la partager puisqu’il s’agit de locaux dont la gestion revient à la mairie n’est pas entendable. La classe n’est pas un "poste de travail" classique parce qu’elle est aussi un lieu de vie, de travail scolaire pour les élèves comme pour les enseignants, et qu’à ce titre elle mérite une attention particulière.

Relations avec les parents

63% considèrent qu’il n’y a pas de changement mais 27% constatent une dégradation.

Les enseignements de la préparation de 2014

Les projets à venir, objets de concertation

72 % (79%)des Conseils d’école ont été consultés. Mais, parmi eux, 31,29 % (22%)n’adhèrent pas au projet remonté par la mairie. Ils sont donc moins d’un sur deux au final à avoir donné leur accord. Les premières remontées de 2013 montrent qu’il faut notamment une attention particulière sur les locaux et la gestion des transitions scolaire / péri-scolaire ; pourtant, plus d’un enseignant sur deux n’a pas été consulté sur cette gestion des transitions et 60 % (68%)seulement l’ont été sur l’utilisation des locaux pour la rentrée 2014. La taille des communes joue beaucoup dans la mise en place de la consultation ou non : 67% (75%)des conseils d’école des petites communes ont été consultés sur les locaux contre 34.55% des conseils d’école des grandes agglomérations.

L’effet "maternelle"

La mise en oeuvre de la réforme des rythmes a posé des questions spécifiques à l’école maternelle. La DGESCO, alertée et prenant en compte cette donnée, a émis dans le courant du premier trimestre des préconisations pour tenter de corriger cet état de fait en accompagnant mieux les enseignants et les mairies.

Pourtant, on constate que 76,1 % (75%)des projets n’intègrent pas les problématiques spécifiques à l’école maternelle. Quand ils le font, c’est à 90 % sur l’organisation de la sieste pour les plus jeunes. La perte de repères spatiaux et temporels pour les élèves, relevée par de très nombreux enseignants d’écoles qui ont appliqué la réforme en 2013, ne fait l’objet d’un traitement particulier que dans 38.5 % des projets. Pourtant, trop souvent, cette application a conduit à segmenter l’après-midi en deux temps, pris en charge dans un même lieu par deux entités, école et secteur d’animation, aux missions et aux cultures différentes. Ces changements sont des facteurs d’incompréhension et de perturbations pour les jeunes enfants qui doivent être réduits si l’on veut redonner aux élèves le cadre stable et rassurant que leur âge exige.

Les résultats de notre enquête sont sans ambiguïté : la réforme doit être adaptée pour les plus jeunes et trop souvent le cadre imposé à l’école maternelle découle de celui décidé pour l’école élémentaire. Fatigue accrue, absentéisme en hausse, perte de repères... sont autant d’éléments qui perturbent les apprentissages et doivent alerter tous les acteurs concernés.

L’institution (DASEN et IEN), soutien des municipalités plutôt que des enseignants

De toute évidence, les DASEN ont été priés de faire remonter un maximum de projets qui souvent se réduisent à des horaires. Là où le conseil d’école et la mairie n’étaient pas d’accord, les IEN avaient pour charge d’assurer une médiation.

L’attitude des IEN voire même des DASEN a été à géométrie variable. Si certains ont joué pleinement leur rôle et se sont montrés soucieux de l’intérêt des enfants et des personnels, d’autres se sont rangés du côté des mairies. Les enseignants ont eu le sentiment d’être abandonnés par l’institution, que la mairie avait la main sur la réforme des rythmes et que leur avis d’experts de terrain, de professionnels.

On peut même voir l’organisation des APC imposée aux équipes enseignantes. Ainsi, alors qu’elle devrait être laissée à la libre disposition des collègues, 29.25% (25%)n’ont pas le choix dans la préparation de 2014, cela monte même à 41% pour les écoles des grandes villes (33% dans les villes moyennes).

Les propositions du SNUipp-FSU

En l’état, cette réforme n’est pas applicable avec succès dans toutes les écoles. Nous demandons la suspension de sa généralisation. Nous demandons une réécriture totale du décret :

Un cadre national sur 4,5 jours d’école (différent de 9 demi-journées d’école) doit être fixé. Mais, comme avant 2008, et à l’image du décret de 1991, des dérogations émanant des conseils d’école doivent être possibles : par exemple 5 matinées et 3 après- midi d’école – la quatrième étant consacrée aux activités périscolaires, ou 2 mercredis sur trois comme à Poitiers ou 4 jours avec rattrapage sur les vacances d’été ou 5 jours avec un nombre d’heures identiques par jour.

Pour l’heure, nous demandons que le ministère et les DASEN ne valident pas les projets qui ne font pas accord au sein des conseils d’école. Il faut donner la possibilité de reprendre les discussions et de déboucher sur des organisations consensuelles.

Pour cela, nous demandons que toutes les équipes enseignantes disposent de temps pour se concerter en étant dispensées de l’APC. Nous avons toujours considéré qu’il aurait fallu traiter avant, ou au moins dans un même mouvement, une réforme des rythmes et des mesures pour la réussite des élèves conjuguées à l’amélioration des conditions de travail des enseignants :

- la refonte des programmes scolaires (prévue pour 2015 voire pour 2016) : Il faut mettre en cohérence temps scolaires et nouveaux contenus d’enseignement. Le ministre souhaite accorder une année supplémentaire au CSP pour la mise en oeuvre des nouveaux programmes qui serait repoussée à la rentrée 2016. En attendant, nous demandons un toilettage des scories et des incohérences des programmes de 2008.

- une rénovation de la formation continue (rien n’est envisagé avant 2016). Les 330 000 enseignants doivent pouvoir bénéficier d’une formation continue de qualité alimentée par les travaux de la recherche. C’est un domaine actuellement sinistré en France puisque la formation continue a pratiquement disparu et ce, depuis plusieurs années.

- la déconnexion temps élèves/temps enseignant à l’image du second degré : En s’appuyant sur le principe d’un maître référent pour une classe, il s’agit de pouvoir travailler à deux enseignants pour une classe en développant une polyvalence d’équipe (partage des matières, regards croisés sur les élèves). Cela signifie une première étape à 21 heures (devant élèves) + 3 heures (temps de concertation, relation aux familles,..) sans baisse du temps d’enseignement pour les élèves et ce afin d’aller vers l’égalité des obligations de service avec les professeurs certifiés du second degré. Un premier pas est franchi dans l’éducation prioritaire. Il faut l’étendre à toutes les écoles. Le ministère vient de s’engager dans la redéfinition du décret de 1950 des enseignants du second degré. Il doit en être de même pour les PE (décret de 2008).

-  la revalorisation du métier : pas d’engagement du ministère d’une montée en charge de l’ISAE bloquée à 320 euros net. La situation salariale des professeurs des écoles constitue une anomalie au sein des pays de l’OCDE. 1 642 euros en début de carrière pour un PE, 2 700 euros pour un enseignant allemand. 2 020 euros au bout de 15 ans, 3 500 euros pour un enseignant allemand, 2 350 euros pour la moyenne des pays de l’OCDE.

Au bout de 15 ans, un PE gagne 2 132 euros net par mois, un Professeur certifié 2 720 euros. A même métier, même reconnaissance salariale. Nous demandons un engagement précis du ministère pour un alignement de l’ISAE sur l’ISOE du second degré.

Dans le même temps, nous pensons aussi qu’il est urgent de revaloriser le point d’indice pour tous les fonctionnaires.

-  les financements pérennes des TAP assurés par l’État pour garantir l’égalité territoriale.

 

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