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18 octobre 2013

Entretien avec Agnès Florin

Depuis quand existe-t-il des programmes en maternelle et quand ont-ils été réformés pour la dernière fois ?

Agnès Florin : En 1970, un texte très large donnait des objectifs pour la maternelle puis rien n’a bougé jusqu’en 1985, avec Jean-Pierre Chevènement. On a commencé à parler de programme à ce moment-là. Ce qui justifie l’élaboration de ces programmes, c’est que 99 % des enfants fréquentent l’école maternelle dès l’âge de 3 ans, alors qu’elle n’est pas obligatoire. Il est donc important d’avoir des programmes communs à tous, quelque soit le lieu de scolarisation. De plus, on enseigne en CP en tenant compte du fait que les enfants ont derrière eux trois ans de maternelle, il est donc important qu’ils aient tous une même base. La réforme du système éducatif de 2002 détaille le contenu des programmes. Plusieurs refontes ont suivi, la dernière, et la plus importante, date de 2008.

Quel regard portez-vous sur cette réforme de 2008 ?

Agnès Florin : Elle a été très critiquée, à la fois sur la manière dont les programmes ont été rédigés, sans concertation comme en 2002 (la question a été réglée en interne, au MEN) et sur leur contenu. On a en effet assisté à une « primarisation » de l’école maternelle. On a importé des exigences de l’école élémentaire en grande section de maternelle, ce qui a mis en difficulté certains élèves. L’accent a été mis sur des apprentissages de pré-lecture et de pré-écriture.

Et ce n’est pas là le rôle de l’école maternelle ?

Agnès Florin : Non, le premier rôle de l’école maternelle, c’est de socialiser les enfants et de répondre à leur appétit de connaissances, de développer leurs compétences. Le mode d’apprentissage des jeunes enfants, c’est le jeu. Pauline Kergomard, inspectrice et fondatrice de l’école maternelle, disait que le jeu est « le véritable travail de l’enfant ». Il faut lui redonner de la place à la maternelle.

Comment réformer alors les programmes de maternelle ?

Agnès Florin : Ce qui est important, c’est de donner un cadre général, et de montrer l’importance des apprentissages des enfants de 2-3 ans à 6 ans. Il faut répondre à leur appétit de connaissances, leurs besoins culturels, à leur envie d’apprentissage du monde, pas au sens d’apprentissages académiques : il s’agit aussi de découvrir les autres, de développer des compétences sociales, sensorielles, artistiques. Il faut également, à l’école maternelle, développer la maîtrise du geste, nécessaire pour l’écriture, et aussi le vocabulaire, à travers le langage oral et la littérature jeunesse. Avoir du vocabulaire, ça aide dans l’apprentissage de la lecture : on lit mieux des mots que l’on connaît. Il ne faut pas oublier non plus le développement moteur. Les enfants ont besoin d’action, de mouvement et doivent prendre de l’assurance avec leur corps, car au final ils acquièrent un équilibre physique et psychologique. Ce développement moteur est important, surtout pour ceux qui passent par ailleurs quatre heures par jour devant un écran… L’école maternelle permet aussi de réduire les inégalités sociales et doit développer les interactions avec les familles.

Vous insistez aussi sur l’importance de la pédagogie…

Agnès Florin : L’école maternelle n’est pas qu’une affaire de programmes, qui ne font que donner un cadre. Ce qui est important aussi, c’est effectivement la pédagogie, qui passe par la formation des enseignants et leur connaissance du développement des enfants. Dans ce domaine, on est souvent resté à Piaget, voire à Freud ! Les recherches en psychologie de l’enfant de ces 20 dernières années n’ont pas été intégrées à la formation des enseignants. Il y a donc beaucoup d’efforts à faire, en formation initiale mais également en formation continue. Il faut développer les nouveaux moyens de formation via internet, par des plate-formes de formation, par exemple.

Que pensez-vous de la composition du Conseil supérieur des programmes ?

Agnès Florin : À ma connaissance, il n’y a aucun spécialiste de l’école maternelle . Mais ce ne sont pas les membres du Conseil supérieur des programmes qui se chargeront de l’écriture des programmes. Des groupes de travail seront constitués.

 

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